[Fan-fic] D'humains à cyborgs (l'histoire de C-18 et C-17)

Vous customisez vos figurines ? Vous créez des dioramas ou avez d'autres projets en tête ? N'hésitez pas à mettre vos réalisations ici ou à nous en parler. Les tutoriaux sont les bienvenus !

Messagepar San999 » Mar Aoû 28, 2007 00:00

Euh... Vaut mieux pas prévoir avec moi... Car au départ, je voulais faire six chapitres... Et actuellement j'écrit le chapitre... 10! Et ce n'est pas fini...

Mais pour répondre, je dirais, probablement onze ou douze chapitres au total. Mais avec moi, cela peut vite devenir seize chapitres... J'ai tendance à m'étendre...

En tout cas, je suis heureux que cela te plaise! :D
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Messagepar PaPoY » Mar Aoû 28, 2007 21:56

ok je sais à quoi m'en tenir 8) et bien en tous cas jte félicite c archi bon pour moi et surtout bon courage :wink:
P.S: viteeeeeee la suiteeeeeeee !!!!!!!!
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Messagepar Mirai no Trunks » Mer Aoû 29, 2007 04:47

Je n'avais pas encore eu le temps de te la dire mais je te felicite! Ton histoire est prenante et tu ecris tres bien. Tu arrive a maintenir le lecteur en haleine et tu ne sors pas du contexte en y ajoutant des clein d'oeil. En + jaime trop les Cyborgs C17 et C18 8) Une histoire sur eux etait donc vraiment bien venue!
Je t'encourage donc a continué je suis curieux et impatient de voir la suite!
Songoku n'est pas le seul Super Saiyen au monde... il y en à un autre...
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Messagepar San999 » Sam Sep 01, 2007 17:05

Merci pour vos encouragements! Voici la suite:




Chapitre 6: Les Corn




Au bord d'une falaise donnant vue sur Kita no Miyako, deux hommes se disputaient.
« Non ?! Comment ça, non ?! »
En hurlant ces mots, un vieil homme aux cheveux et à la moustache aussi grisonnants que son costume lançait un regard plein d'une fureur quasi démente à un jeune homme presque deux fois plus grand que lui. Ce dernier, malgré son aspect massif et peu avenant, avait une expression douce, bien qu'impassible. Il avait des yeux bleu ciel et une iroquoise rousse pour coiffure, il portait une sorte d'armure verte sur une combinaison noire.

« … Je refuse. Si je fais ça, beaucoup d'innocents vont mourir.
- Des innocents ? ! Qu'est-ce que ça peut te faire ? ! Tu n'es qu'un androïde ! Une machine ! Je suis ton maître ! C'est moi qui décide de ce qui est bien ou mal ! Tu dois suivre mes ordres ! Et je t'ai ordonné de détruire cette satanée ville ! Je n'ai cure de ses habitants !
- … J'ai été conçu pour tuer Son Gokû. Je ne veux faire de mal à personne d'autre.
- Tu ne me sers à rien si tu ne m'obéis pas. Il faut qu'on finisse les tests ! Tu as prouvé ta supériorité en tout point sur mes précédents androïdes en les battants tous en même temps. Ton autonomie dépasse toutes mes espérances. Mais il faut à présent que je mesure ta puissance brute et que je vérifie que tu ne perds pas d'énergie. Il faut que je sois sûr que tu pourras vaincre facilement Gokû et ses amis. Je veux l'humilier comme il m'a humilié et le faire souffrir le plus possible. C'est un ordre, N°16 ! Détruis Kita no Miyako !
- … Je… Je peux facilement vaincre Son Gokû. Mais je ne tuerai pas ses amis, je n'ai pas été programmé pour ça. Dr Gero, vos tests sont inutiles, je sais que je suis suffisamment fort.
- S… Sale tas de ferraille… Comment oses-tu désobéir à ton maître… ? … Puisque c'est comme ça… Ramène-nous au labo ! »

N°16 prit le Dr Gero par les aisselles et s'envola. Ils ratterrirent quelques kilomètres plus loin, près d'une grotte dont l'entrée était fermée par une énorme porte en titane massif. Il y avait un clavier devant l'entrée. Le vieil homme tapa quelques chiffres et la lourde porte s'ouvrit. Ils entrèrent dans le laboratoire. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer d'un laboratoire aménagé dans une grotte, les lieux étaient incroyablement bien rangés. Seuls les murs laissés à l'état de roche brute permettaient d'identifier les lieux comme cavernicoles. L'endroit était bien éclairé. De nombreux fils électriques, câbles et machines longeaient les murs. Plusieurs plans et petits appareils étaient éparpillés sur quelques bureaux qui étaient disposés dans la pièce et au centre se trouvait ce qui ressemblait à une table d'opération, cependant des installations électriques complexes montraient que cela ne devait pas être tout à fait une table d'opération. Mais ce qui attirait le plus l'attention dans la salle étaient des sortes de sarcophages métalliques munis chacun d'un hublot et numérotés de 9 à 16. Ils étaient tous adossés sur un mur, posés à la verticale sur des socles et des gros tuyaux en sortaient depuis leur sommet. Le dernier sarcophage, le numéro 16, était ouvert. Le Dr Gero pointa du doigt celui-ci.
« Retournes-y ! Tu ne me sers à rien. Je vais te désactiver. »
L'androïde regarda un instant son créateur en silence, puis il obtempéra. Une fois N°16 installé, Gero prit une sorte de télécommande qui se trouvait sur l'un des bureaux, s'approchant de sa créature, appuya sur le seul bouton. Instantanément, N°16 ferma les yeux et sombra dans l'inconscience. Le savant se dirigea alors vers le sarcophage et en referma le couvercle en pesant sur une touche sur son bord. Il s'éloigna alors et reposa la télécommande sur le bureau. Il resta un instant debout, en silence. Tout à coup, il renversa violemment plusieurs choses posées sur son bureau et frappa dessus.

« Et zut ! … Est-ce que je n'y arriverai donc jamais… ? … … Quand j'y pense, j'aurais parfaitement pu tuer Gokû depuis longtemps… Même si mes créations précédentes ont peu d'autonomie, c'est largement suffisant pour le détruire pour de bon. N°10 avait déjà suffisamment de force pour le vaincre lui et ses pathétiques amis… Et N°16 peut parfaitement éliminer Son Gokû. D'ailleurs, c'est seulement de lui dont je veux me venger. J'ai largement ce qu'il faut pour me débarrasser de lui, une fois qu'il sera ressuscité. Mais, ça ne me suffit pas ! Non, je veux l'humilier, lui enlever tout espoir, détruire tout ce qu'il a de plus cher ! Ses proches ! Ses rêves ! Je ne veux lui laisser aucune chance ! Lui faire comprendre son impuissance totale ! Lui faire subir ce qu'il m'a fait subir. Des androïdes imparfaits ne me suffisent pas ! … Bon sang ! J'ai passé ces onze dernières années à espionner Gokû et ses amis, à récolter des données sur eux, pour déterminer leurs points faibles, comprendre l'origine de leurs forces. J'ai même récolté leurs données génétiques. Et je n'ai toujours pas ce qui pourra me faire savourer ma vengeance ! … Attends… Leurs données génétiques… Ça me donne une idée, ça… »

L'homme se mit à sourire maléfiquement, puis il se précipita vers le fond de la pièce et descendit par une échelle métallique. La pièce en-dessous était principalement occupée par une grosse machine très complexe. Une installation électrique très compliquée jonchait le sol, et à nouveau d'autres machines et bureaux remplis de divers appareils et plans se trouvaient dans le sous-sol, toujours aussi bien éclairé qu'au-dessus. Gero se dirigea vers le gros appareil central et tapa quelque chose sur son clavier. Des données apparurent sur un écran. L'homme sourit encore machiavéliquement.
« Hé ! Hé ! Hé ! Je crois que je viens de trouver ce qui sera ma future créature parfaite. Tués par leur frère, ce sera pas mal… »

----------------------------------------------------------------------------

Cela faisait maintenant deux mois que Hazel et Mâron, alias Nagant et Mosin, étaient chefs du gang des Rifles. Ils avaient quitté la maison de leur père et arrêté le lycée. Ils vivaient maintenant dans le hangar abandonné qui servait de quartier général à la bande. Leur père avait malgré tout réussi à retrouver leur trace en moins d'une semaine, et depuis il ne cessait de venir leur parler pour les convaincre de revenir chez lui. Mais cela était vain. Leur décision était prise, ils ne reprendraient jamais une vie normale, qu'ils savaient n'aboutir à rien. Ils préféraient rendre le déroulement de leur vie conforme à sa finalité.

Ils espéraient qu'en entrant dans ce gang, ils pourraient tromper leur désintérêt pour la vie. Mais ce ne fut pas le cas. Les seuls moments où ils ressentaient ça, étaient quand ils se battaient contre d'autres gangs. Mais ils se rendirent vite compte que ces occasions étaient assez rares et les activités principales du gang consistaient en divers vols, braquages et le recel de capsules hoipoi de toutes sortes. En tant que nouveaux chefs, Mosin et Nagant avaient à présent interdit aux membres de tuer qui que ce soit, car jusque-là, ils n'hésitaient pas à le faire dans leurs activités. Ils avaient tous deux une trop bonne idée de ce qu'était la mort pour accepter qu'on la donne ainsi. C'était une règle absolue qu'ils avaient instaurée. Ils avaient aussi stoppé le trafic de drogues dures auquel s'adonnaient les Rifles avant leur arrivée.

Il était environ dix-neuf heures, il faisait presque nuit et ils se trouvaient à présent devant un magasin de capsules hoipoi, le Capsule Corn, prêts à commettre l'un de leurs braquages. En réalité, en tant que chefs, les jumeaux ne participaient guère à ce genre de délit, c'était ceux qui se trouvaient le plus bas dans la hiérarchie qui s'en occupaient. Mais cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu de bagarre avec un gang rival, et ils s'ennuyaient ferme. Profitant de l'occasion, ils décidèrent de partir avec trois sous-fifres, espérant que la police arriverait et qu'ils pourraient ainsi se lancer dans une course poursuite.

C'était un quartier assez pauvre. Les bâtiments, bien que semblant habitables, avaient quand même un air délabré et ancien. Les ruelles étaient assez étroites et mal éclairées. Le magasin, bien qu'ayant l'air en meilleur état que la plupart des bâtiments, paraissait bien piteux pour un magasin de capsules hoipoi. Il n'était pas un affilié de la Capsule Corp., c'était certain. Encore une boutique vendant des imitations de la fameuse société, sans doute.

« C'est ça, votre coup... ? C'est miteux... » souffla Mosin, d'un air insensiblement contrarié.
« Euh... Oui... C'est vrai que c'est pas avec ça que nous ferons fortunes. Mais croyez-moi, ce genre de capsules se vendent comme des petits pains dans certains quartiers ! » répondit Mauser, un garçon plutôt maigre, chauve et avec une cicatrice sous le menton.
« Le genre de quartier où on les vole... » siffla Nagant.
Il n'obtint pas de réponse.
« Pff ! Vous êtes vraiment minables ! Enfin... Je suppose que l'on va devoir se contenter de ça... »

Ils prirent leurs armes. Et sortirent de la voiture, un modèle rétro rouge aux formes assez carrées. Mosin, Nagant, Arisaka et Benelli étaient les seuls à y aller, Mauser restant dans la voiture pour démarrer au plus vite. Arisaka était un homme blond, maigre, mais bizarrement assez imposant. Quant à Benelli, il était noir, les cheveux ras, assez quelconque, du genre à passer inaperçu. Ils portaient tous des vêtements chauds, c'était nécessaire en plein mois de décembre. Mosin et Nagant étaient coiffés de bonnets et avaient tous les deux les cheveux attachés, ceux du garçon étaient plus courts que ceux de sa sœur. Ils s'emmitouflaient tous deus dans leurs doudounes à capuches, toutes deux noires mais coupée plus courte pour celle de la fille. Le chef de gang donna un dernier conseil.
« N'oubliez pas : Les armes sont là pour garantie. Vous ne devez tuer personne. Sauf s'il s'agit de protéger vos vies. Mais s'il est nécessaire de maîtriser quelqu'un, blessez-le plutôt, si c'est possible, mais pas mortellement. »
Il reçut un sourd grognement pour toute réponse. Les deux chefs savaient que la nouvelle règle était loin de faire l'unanimité, mais ça leur était égal. Ils lancèrent tous deux un regard dur à leurs hommes. Ceux-ci déglutirent, détournèrent les yeux et se turent. Ils avaient compris. Leurs chefs ne les tueraient pas, mais ils pouvaient leur faire bien d'autres choses, ils le savaient pertinemment et préféraient donc obéir.

Après avoir dissimulé leurs armes dans leurs vêtements, ils pénétrèrent dans le magasin. À première vue, c'était un magasin de capsules comme un autre. Il y avait quelques allées où de nombreuses vitrines présentaient différents modèles de capsules : des capsules maison, des capsules autos, des capsules avion, etc. Il y a avait plusieurs exemplaires de chaque modèle et une fiche technique détaillant leur contenu se trouvait à coté de chacun d'eux. Mais la différence avec une boutique de capsules lambda était que ce n'étaient que des imitations, comme ils s'y attendaient, mais également des vieux modèles. Nagant prit un air méprisant. Ils allaient se contenter de ce qu'il y avait, ils n'étaient pas vraiment dans un quartier huppé.

Ils se dirigèrent vers le comptoir, déjà la propriétaire les accueillait avec un sourire un peu inquiet et un "bonjour" un peu forcé, pendant que son mari regardait par-dessus son épaule méfiant. Mosin et Nagant eurent l'impression que les deux propriétaires les reconnaissaient, et à vrai dire, leurs visages leur étaient aussi familiers. La femme avait des cheveux roux parsemés de mèches grisonnantes, attachés en chignon. L'homme avait des cheveux parfaitement noirs. Ils devaient avoir entre la quarantaine et la cinquantaine et portaient des chemises bleues de travail. À leur regard inquiet, les jumeaux surent qu'ils se doutaient de ce qui allait se passer, mais qu'ils devaient espérer qu'ils se trompaient. Mosin comprit que la femme était déjà prête à appuyer sur l'alarme. Cela ne servirait à rien, ils auraient largement le temps de prendre ce qu'ils voulaient, et même si la police arrivait, cela n'en ravirait que plus les deux chefs de gang. Ils allaient sortir leurs armes, lorsqu'ils entendirent une voix enfantine et joyeuse derrière eux.
« Mâron ! Hazel ! Qu'est-ce que vous faites là ? »

Ils se retournèrent et virent un enfant qui leur courait après, habillé dans un gros pull-over vert et un pantalon noir.
« Soy ?
- Salut ! Vous vous rappelez de moi ? Ça me fait plaisir !
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Eh bien, c'est le magasin de capsules de mes parents. »
Les jumeaux en furent très surpris. Le monde était petit. Ils savaient au moins où ils avaient déjà pu apercevoir les gérants. Leurs deux sbires les regardèrent interrogateurs. La sœur et le frère se ressouvinrent de ce qu'ils étaient venus faire. Ce qui s'était passé avec Soy, deux mois auparavant, leur revint aussi à l'esprit. Ce qu'ils avaient dit à ses agresseurs… Finalement, ces derniers avaient eu raison. Les jumeaux ne valaient pas mieux qu'eux : de la vermine. Ils avaient été sur le point de faire exactement ce qu'ils avaient toujours eu en horreur : s'en prendre à des gens qui étaient incapables de se défendre. Un défi facile, face à des victimes faciles. Et cela, simplement par ennui… Ils se dégoûtaient profondément. Soy remarqua leur trouble, bien qu'il n'en saisit pas la raison, mais il ne dit rien.

Les deux chefs firent alors signe à leurs sous-fifres. Ceux-ci comprirent, poussèrent un léger grognement et s'en allèrent. Mosin et Nagant allaient en faire autant, mais Soy les retint, d'un air déçu.
« Vous partez déjà ? »
Qu'est-ce qui lui prenait à ce gosse ? Qu'est-ce qu'il leur voulait ?
« Soy ? Ce sont les deux vo… Enfin… Les deux enfants de M. Nuss. Comment les connais-tu ? »
Le petit garçon déglutit et passa son index sur son oreille.
« Euh… C'est-à-dire que…
- Soy… ! »
Cette fois-ci, sa mère lui faisait des gros yeux, assistée du père. Elle ne faisait plus du tout attention aux deux jumeaux.
« Eh… Eh bien, vous vous souvenez quand vous avez découvert que j'avais pris de l'argent dans la caisse ?
- Quoi ?! Ne me dis pas que ce sont eux, tes deux raquetteurs ? Colza, appelle la police ! »

Le père s'apprêtait à prendre le combiné.
« Nooon !! Attends ! Ce ne sont pas mes raquetteurs ! Ce sont eux qui m'ont aidé et rendu l'argent !
- Comment ?! Mais tu ne nous avais pas dit que c'était toi qui le leur avais repris par la "ruse" ?! Explication qui m'avait semblé louche, soit dit entre parenthèses... » intervint le père.
- Euh… Je vous ai menti… Je pensais que vous seriez en colère… Si… Enfin… Vous voyez… »
Il regarda les jumeaux du coin de l'œil, et repassa encore un une fois son doigt sur le lobe de son oreille.
« Mais qu'est-ce que tu racontes ? Au contraire, nous sommes ravis ! Et tu aurais dû nous le dire ! Comme ça, on l'aurait dit à M. Nuss, cela l'aurait rassuré !
- Oh ! Mais je lui ai dit ! Mais je lui ai demandé de ne rien vous dire... »
Ses parents lui jetèrent un regard noir.

Mme Corn détourna les yeux en direction des jumeaux, puis s'approcha d'eux et dit : « Je vous remercie infiniment d'avoir aidé mon fils. »
Elle leur prit successivement la main. Les jumeaux étaient un peu perdus et ne savaient pas quoi dire. La femme ajouta avec le sourire : « Je suis heureuse de voir que vous n'êtes pas aussi infréquentables et irrécupérables que vous n'en avez l'air… »
C'était un compliment, ça ?
« Maintenant que je sais ça… »
Elle leur mit soudainement une grande gifle à chacun. Les jumeaux ne l'avaient pas vu venir. Ils en restaient les bras ballants.
« Ba… Barley… » tenta de bredouiller son époux.
« Tais-toi, Colza ! »
Elle se tourna à nouveau vers les jumeaux.
« Non, mais est-ce que vous vous rendez compte de l'inquiétude que vous donnez à votre père ?!? Durant une semaine après votre disparition, il n'a pas arrêté de harceler le quartier pour avoir des renseignements et essayer de vous retrouver !! Le voyant aussi désespéré, j'ai essayé de le soutenir. Mais c'est de vous dont il a besoin ! Et une fois qu'il vous a retrouvés, vous avez osé refuser de le suivre ! Et pourtant, il n'abandonne pas : Il continue de tenter de vous ramener ! Vous avez un père vraiment dévoué ! C'est un homme formidable ! Vous devriez avoir honte de vous ! ... »
Elle continua de les enguirlander un bon moment. Les jumeaux en étaient abasourdis. Chaque fois qu'ils essayaient de répliquer ou de faire mine de partir, elle redoublait ses hurlements. Leur père avait essayé pas mal de choses, mais pas une méthode aussi énergique. Mais le fait était, qu'étrangement, ils ne pensaient plus du tout à leur mère, ni à leur désintérêt pour la vie. La seule chose à laquelle ils pensaient, était partir. Ils auraient pu l'envoyer balader facilement, elle aurait été incapable de se défendre contre eux. Pourtant, elle les tenait en respect, et ils n'osaient rien répliquer. Ils en étaient presque tétanisés. Colza et Soy étaient dans le même état.

Quand elle cessa finalement sa leçon de moral, les jumeaux étaient sur le point de partir, hébétés, mais elle les arrêta brusquement.
« Attendez ! »
Hazel se retourna avec un sourire nerveux, tandis que Mâron levait les yeux au ciel.
« Qu... Quoi...? » demanda anxieusement Hazel.
« Vous n'étiez pas venus acheter des capsules ? » leur dit-elle avec le plus large sourire commercial du monde.
Les jumeaux et la famille de la femme en perdirent l'équilibre. Le frère et la sœur prirent quelques capsules au hasard et sortirent. Leurs sbires n'étaient plus là. Ils en avaient certainement eu assez d'attendre. Mosin et Nagant remarquaient que plus ça allait, plus ils avaient du mal à se faire respecter. La cheffe de gang allait sortir une capsule skycar, quand une femme arriva vers le magasin. Quand elle vit les jumeaux, elle resta figée. Elle était brune. Elle les regardait d'une drôle de manière, presque terrorisée, mais pas comme une peur d'un danger, non, autre chose. Hazel avait l'impression de la reconnaître. Mais il ne savait pas d'où... Il allait ouvrir la bouche, quand elle se décida à entrer dans le magasin. Mosin sortit donc le skycar de la capsule qu'elle venait d'acheter, c'était un vieux modèle, bleu marine. Les deux chefs soufflèrent dédaigneusement. Les jumeaux allaient démarrer, quand ils entendirent encore Soy les appeler.
« Attendez ! Est-ce que vous pourriez me ramener à la maison ?
- Et puis quoi, encore ? Tu nous prends pour tes chauffeurs privés ? » cingla Nagant.
« Mais... C'est vous qui m'aviez dit de vous prévenir si jamais on m'embêtait... » dit-il en prenant un air triste.
« Les deux crétins se sont remis à te chercher des noises ? » intervint Mâron.
« Ben... Pas vraiment, mais comme ils ne vous voient plus depuis longtemps, j'ai peur qu'ils recommencent...
- C'est ça ! On ne fait pas dans la prévention, le mioche ! Et puis ce n'est plus notre territoire ! » en disant cela, Nagant commença à démarrer le skycar.
« Mais... » Il leur lança un regard suppliant. En voyant cela, Hazel leva les yeux au ciel.
« Hh ! Je suis trop gentil ! »
Le gamin bondit de joie.

« ... Je lui ai dit qu'il avait triché et qu'il était hors-jeu, mais il a dit que non et il a commencé à s'énerver ! Mais heureusement, mon copain Sushi avait tout vu aussi, alors l'autre s'est rendu compte à quel point il avait l'air stupide et il est parti, en grognant. Vous connaissez la série Bioguys ? Elle est géniale ! Je fais la collection des cartes ! Mon amie Yakitori, vous savez celle qui a commencé à faire du kempo du lion il y a deux mois, ben, elle m'a dit que l'acteur qui joue le rôle du Bioguy rouge et l'actrice qui joue la Bioguy verte, ben, ils font leurs propres cascades ! Je lui ai parlé de vous et lui ai dit que vous étiez encore plus forts que les Bioguys, mais elle n'a pas voulu me croire ! Moi, je lui ai dit que... »
Durant le trajet, Hazel et Mâron eurent tout le loisir de comprendre à quel point ils n'avaient eu qu'un échantillon du bavardage du petit garçon lors de leur première rencontre. Il leur racontait tout et n'importe quoi, mais rien que les jumeaux puissent retenir de la conversation à sens unique. Hazel était passablement agacé, quand il regarda sa sœur, il constata que Soy avait encore réussi à la faire sourire, en fait, elle riait presque. Il réalisa soudainement que depuis qu'ils étaient entrés dans le magasin, il n'avait plus du tout ressenti le vide qu'il ressentait habituellement. Il se mit à sourire aussi.

Une fois arrivés dans leur ancien quartier, ils en firent lentement le tour, pour donner un signal clair aux voyous du coin. Les HLM et les pelouses parsemées de quelques arbres qui composaient ce lieu leur paraissaient toujours aussi froids. Mosin et Nagant se rendirent compte qu'étrangement, ils ne ressentaient rien de particulier à se balader près de leur ancien appartement. Ils ramenèrent Soy devant le bâtiment où ils habitaient auparavant. Au moment de se séparer, Soy allait partir, puis il se retourna.
« Vous n’allez pas voir votre père ?
- Et pourquoi nous ferions ça ? » répondit Nagant.
« ... Parce que c'est votre père...
- Et alors ? »
Le petit rouquin ne sut que répondre au jumeau. Cela lui paraissait tellement évident. Il prit un regard perdu et se tritura l'oreille.
« Dis-moi, c'est ta mère qui t'as poussé à nous demander de t'accompagner, hein ? Pour qu'on aille voir notre père.
- Hein ! Non ! Non ! Pas du tout ! »
Il dit ça d'une manière précipitée. Mâron le fixa silencieusement. L'enfant baissa les yeux.
« D'accord... C'est vrai... Mais je voulais aussi que vous fassiez peur aux voyous, pour de vrai ! Hein !
- Dis à ta mère de s'occuper de ce qui la regarde, » dit sèchement Nagant.
« Pourquoi tu ne le lui as pas dit toi-même, tout à l'heure ? »
Un court silence s'installa suite à la remarque de Soy.
« ... D'accord. Un point pour toi...
- Depuis que vous êtes partis, ma mère est devenue amie avec votre père. »
Il se tut un petit moment, pensif.
« Ma... Ma grande sœur a disparu, il y a trois ans. Je n'ai pas tout compris à ce qui s'est passé, mais mes parents m'ont dit qu'elle a été mal influencée... C'est tout ce qu'ils m'ont dit. Je pense que c'est à cause de ça que ma mère essaie de vous aider. »

Un silence plus lourd s'imposa. Hazel le brisa.
« Entre notre père et nous, c'est plus compliqué que vous ne le croyez...
- Pourtant, il a l'air gentil. Et il a l'air de beaucoup vous aimer.
- Nous le savons... Ce n'est pas ça le problème, » répondit Mâron.
« Alors, c'est quoi ? »
Après un silence, Mosin dit : « Je crois qu'il vaut mieux qu'on parte... Allons-y, Nagant. »
Ils s'installèrent dans le skycar.
« Attendez ! Est-ce qu'on va se revoir ?
- Tu sais, gamin, contrairement à ce que tu crois, nous ne sommes pas des gens fréquentables. Nous faisons partis d'un gang. Il vaut mieux pour toi que tu nous oublies, » lui répondit Nagant.
« Moi, je crois que vous n'êtes pas si méchants que vous le dîtes ! »
L'enfant avait pris une voix assurée. Les jumeaux ne répondirent rien.
« S'il vous plaît ! Je ne vous parlerais plus de votre père. Et puis, et si jamais les deux sales types reviennent me raquetter ?
- Arrête tes bêtises ! » lui cria presque Mosin.
L'enfant se tut et détourna les yeux.
« ... Je crois que nous n'avons pas pris toutes les capsules que l'on voulait. On reviendra au magasin de tes parents. »
Soy fit un large sourire à cette réponse de Hazel. Ils démarrèrent alors.

Durant le chemin de retour, Mâron dit à Hazel :
« Comment ce gosse fait-il pour me donner à la fois envie de l'étrangler et d'éclater de rire comme je ne l'ai jamais fait... ? »
Hazel porta son regard sur sa soeur, qui le lui rendit, et les deux éclatèrent de rire ensembles. Le rire se calma. Mâron reprit plus sérieusement :
« On va ordonner à nos hommes de ne plus s'attaquer aux magasins des quartiers pauvres...
- Fu ! Ils n'aiment déjà pas que l'on ait interdit le meurtre et le trafic de drogues dures. Ils ont de moins en moins de respect pour nous. Cette décision n'arrangerait pas les choses. »
Mâron ne répondit rien. Hazel continua :
« ... Nous trouverons bien un moyen pour compenser ça. Et si nous devenions la terreur des autres gangs ? »
Dernière édition par San999 le Jeu Fév 09, 2012 12:42, édité 1 fois.
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Messagepar PaPoY » Lun Sep 03, 2007 01:54

cool :wink: la suite please
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Messagepar San999 » Sam Sep 08, 2007 12:44

La voilà! :D






Chapitre 7: Nato




Quand il vit ses enfants avec le petit Soy à l'extérieur, en sortant de sa douche, Nato se précipita à l'extérieur en jogging gris, la première chose lui étant tombé sous les mains, ne prenant pas la peine d'attacher ses cheveux. Enfin. Ils s'étaient peut-être enfin décidés à revenir. Il se demandait bien ce qui avait amené ce changement. Mais peu importait finalement. Malheureusement, quand il arriva dehors, il ne vit plus Mâron et Hazel. Seul restait Soy qui était sur le point d'entrer dans le bâtiment. Nato regarda autour pour voir s'ils n'étaient pas dans le coin. L'enfant le regarda d'un air interrogateur.
« Monsieur Nuss ? Qu'est-ce que vous avez ?
- Soy... Mâron, Hazel, ils étaient là, à l'instant... Je n'ai pas rêvé. Où sont-ils passés... ? »
Le petit garçon baissa les yeux.
« J'ai voulu leur dire de venir vous voir... Mais ils n'ont pas voulu... »
Devant l'air désolé du rouquin, Nato posa une main sur son épaule.
« Ce n'est pas grave... J'aurai d'autres occasions. Mais, si ce n'était pas pour moi, que sont-ils venus faire ici... ? »
Soy reprit son sourire habituel.
« Ils sont venus me ramener ! Je leur ai dit que les sales types qui m'obligeaient à voler de l'argent à mes parents allaient peut-être recommencer à m'embêter. Alors, ils sont venus.
- Ta mère ne serait sûrement pas contente de savoir qu'ils t'aient ramené... »

L'enfant le regarda étrangement.
« Ta mère est très gentille, mais même si elle n'ose pas me le dire, je sais qu'elle ne fait pas confiance à mes enfants et qu'elle ne les aime pas beaucoup. Mais qui pourrait l'en blâmer... ? » En disant cela, Nato prit un air triste.
Le garçonnet resta silencieux un court instant, puis fit un large sourire.
« Pourtant, c'est elle qui m'a dit de leur demander de me ramener. »
Nato tourna brusquement son regard vers Soy, étonné. Il savait que malgré le soutien qu'elle lui apportait, et l'amitié qui était née entre eux, les jumeaux lui rappelaient trop sa fille disparue et le calvaire qu'elle leur avait fait vivre à son mari et elle, pour que Barley leur fasse confiance. Pourquoi leur confierait-elle son propre fils ? Évidemment, Nato savait que malgré les apparences, ses enfants n'étaient pas encore perdus, et leur comportement envers Soy le lui avait confirmé. Mais ce n'était pas le cas du couple Corn, en particulier Barley.

« J'y pense, Soy, tu n'as toujours pas dit à tes parents comment tu as retrouvé l'argent qu'on t'avait forcé à voler ? Et puis, au fait, comment as-tu croisé mes enfants ?
- J'ai été obligé de le dire à mes parents, car comme j'ai reconnu Hazel et Mâron quand ils sont entrés dans le magasin de mes parents, maman et papa les ont pris pour mes raquetteurs. J'ai donc été obligé de leur dire la vérité.
- Ah ! Je comprends mieux ! Tu vois ? Il ne faut pas mentir à ses parents.
- Oui... » répondit l'enfant en se grattant l'oreille.
« Bon ! Rentrons ! » Il joignit le geste à la parole et Soy le suivit.
« Dis-moi, pourquoi tes parents t'ont-ils fait ramener ?
- Ils doivent faire l'inventaire.
- Je vois, donc tu risques de rester pas mal de temps tout seul...
- Oui. Mais c'est pas grave, je vais regarder la télé.
- Tu as déjà mangé ?
- Oui, au magasin de mes parents, il y a un four à micro-ondes et mes parents peuvent faire chauffer des plats. J'ai mangé un ramen.
- Tu peux venir chez moi, si tu veux. Je te donnerais un bol de lait chaud et quelques biscuits.
- Oh ! Merci ! »

Nato sourit. C'était vraiment un enfant adorable. Il avait le côté bon vivant de sa mère et le caractère facile de son père. Ils entrèrent tous deux dans l'ascenseur. Soy se mit à parler de sa journée de manière très joyeuse et agitée. Mais Nato était en train de réfléchir. Qu'étaient donc venus faire Mâron et Hazel au Capsule Corn ? Ce n'était pas vraiment le genre de magasins où ils iraient chercher des capsules, vu l'ancienneté des modèles. Une pensée sombre lui traversa l'esprit. Ils étaient venus le braquer. Cependant, le fait qu'ils ne l'aient finalement pas fait réconforta Nato, et il se dit que décidément il y avait encore de l'espoir. Il avait déjà été renforcé dans cette opinion quand Soy lui avait raconté comment son fils et sa fille l'avaient aidé.

« Monsieur Nuss ? Nous sommes arrivés à votre étage... »
Nato sortit de ses réflexions : « Euh... Oui. Où avais-je la tête... ? »
C'était la première fois que Soy venait chez Nato. En fait, c'était plutôt lui qui avait l'habitude d'être invité chez les Corn. Soy fut surpris de la simplicité de l'appartement qui restait pourtant assez élégant. Malgré la sobriété des lieux, l'enfant se sentait à l'aise et l'endroit était plutôt propre, surtout considérant l'état moral de Nato. Ce dernier conduisit le rouquin au salon, où une petite table en verre était posée entre la télévision, le canapé et les fauteuils. L'homme le laissa allumer la télé, puis alla préparer le lait chaud et les biscuits. Le garçon grignota goulûment, tout en parlant de tout et de rien. Si bien que Nato se demandait pourquoi le téléviseur était allumé. Il sourit.
« Attends. Je vais aller mettre un mot sur votre porte, pour que tes parents ne s'inquiètent pas si quand ils rentrent, ils ne te trouvent pas chez vous. »
L'enfant acquiesça.

L'ex-champion se leva, se dirigea dans sa chambre, prit un morceau de papier et griffonna un mot, puis il sortit. Encore une fois, il laissa flâner sa réflexion. Cela faisait deux mois que ses enfants étaient partis, deux longs mois. Il les avait recherchés comme un fou durant près d'une semaine, la police ne s'intéressant guère à ce qu'elle considérait comme de la vermine. Ce fut durant cette période qu'il fit connaissance avec les Corn. Ce fut d'abord Soy qui vint lui parler. Deux jours après la disparition des jumeaux, alors que Nato revenait de ses recherches infructueuses, le garçonnet, l'ayant aperçu quand il était venu demander à ses parents s'ils avaient vu ses enfants, l'aborda pour lui raconter sa rencontre avec les jumeaux. Nato qui commençait à croire que Hazel et Mâron étaient moralement perdus, en fut si soulagé qu'il pleura devant l'enfant, ce qui mit ce dernier très mal à l'aise. Nato se souvenait très bien de la gêne et de la maladresse avec laquelle Soy s'exprimait, se triturant l'oreille, lorsqu'il lui avait demander de ne pas en parler à ses parents tout en essayant de ne pas le blesser. Mais l'homme avait bien compris que l'enfant craignait que ses parents ne croient qu'il avait de mauvaises fréquentations. Qui pouvait les en blâmer ? Il fit cependant semblant ne rien voir et accepta de ne rien dire, dans la mesure où de toute façon, il ne connaissait pas bien ses parents.

Nato arriva devant la porte des Corn et scotcha son mot, puis s'en retourna. Ce ne fut que la semaine suivante qu'il fit vraiment connaissance avec Barley et Colza. Il croisa la petite famille dans l'ascenseur, et ne reconnut que Soy. Pour ne pas mettre mal à l'aise l'enfant, il fit comme s'il ne le l'avait jamais vu. Mais bien qu'il ne se souvînt pas du couple, eux, se rappelaient bien de lui. Pour une raison qu'il ne comprenait pas, Barley l'invita à manger. Il tenta d'abord de décliner l'offre, n'ayant pas la tête à ce genre de mondanités, mais ils insistèrent tant, qu'il finit par accepter. Soy se tenait l'oreille, apparemment, c'était son tic quand il était gêné. Finalement, Nato ne regretta pas d'avoir accepté. Il put se changer les idées pour la première fois depuis des années. À ce moment, il se dit que c'était peut-être ça qui n'avait pas marché avec ses enfants, il voulait tellement reconstruire sa famille, qu'il en oublia de se tourner vers l'extérieur et il l'enferma finalement en elle-même, avec ses problèmes. Après avoir discuté un peu plus avec les parents, il se rendit compte qu'ils le connaissaient bien mieux qu'il ne les connaissait, et il en sentit une légère honte.

Quand il ouvrit la porte de son appartement, il constata que la porte de la chambre de Mâron était entrouverte. Il l'ouvrit, mais il n'y avait personne. Il claqua la porte. Il pénétra dans le salon. Soy regardait la télévision.
« Euh... C'est bon ? » dit l'enfant, se triturant l'oreille.
« Oui. ... Tu es entré dans la chambre de Mâron ?
- Euh...
- Ce n'est pas grave... »
Le garçonnet rougit un peu. Il pointa une photo.
« C'était votre femme ?
- Oui.
- Elle avait l'air gentille.
- Elle l'était. »

La photo avait été faite avant leurs premières morts, mais il ne se souvenait pas quand exactement. Dona y était radieuse. Soy regarda ensuite une photo des jumeaux, datant aussi d'avant leurs morts.
« Ils étaient comment quand ils étaient petits ? »
Nato resta silencieux durant un instant, puis répondit en souriant :
« Têtus, obstinés et avec un caractère bien trempé. Mais Mâron était plutôt du genre silencieuse et pour quelqu'un qui la ne connaissait pas elle devait sûrement être difficile à cerner. Alors que Hazel était plus extraverti, plutôt du genre à faire des plaisanteries, à se moquer, mais jamais méchamment. C'étaient de gentils enfants et très intelligents pour leur âge.
- Ils ont pas l'air d'avoir changé...
- ... Non, c'est vrai.
- Comment ils ont appris à se battre ? C'était quoi leur technique ? Du karaté ? Du kung fu ?
- Ha ! Ha ! Ha ! Non. C'est le kurumisenryu. C'est ma propre technique, et c'est moi qui la leur ai apprise.
- Oh ! C'est vrai ?! C'est super ! C'était incroyable ce qu'ils ont fait quand ils m'ont aidé ! »
L'enfant prit de grands yeux ronds et fut bouche-bée devant la révélation de Nato. Puis, il recommença à essayer d'imiter les gestes des jumeaux le jour où ils l'avaient sauvé. Nato se mit à rire.

« Dis-moi, tu as ta propre école ? Euh... Je veux dire vous avez votre propre école ?
- Ha ! Ha ! Ha ! C'est bon. Tu peux me tutoyer. Non, j'ai créé cette technique en suivant plusieurs enseignements classiques dans les arts martiaux, mais je ne l'ai transmise qu'à mes enfants. Je n'ai pas créé d'école. En revanche, j'ai été deux fois champion du monde des arts martiaux.
- Ah ? C'est possible, ça ? Il y a une compétition ?
- Euh... Oui... Ça m'étonne que ne tu connaisses pas...
- Ah ? C'est célèbre ?
- Euh... Assez, oui... Je me fais vieux, moi...
- Ah bon ! Moi, je ne connaissais pas. Tu crois que Mâron et Hazel vont participer au prochain championnat ?
- Je ne pense pas... Ils n'ont pas l'air de s'y intéresser. Et puis, le stade a été détruit, il y a un peu plus de cinq ans, lorsque Minami no Miyako fut rasée dans une mystérieuse catastrophe... Je ne sais même pas s'il va être reconstruit. Mais qui sait ? Peut-être un jour. Ils auraient leurs chances. Ils sont déjà plus forts que moi.
- Waaah ! Ils sont déjà plus forts qu'un champion ! Dis-moi, tu as déjà perdu ?
- Bien sûr que oui. Bien que cela ne me soit plus beaucoup arrivé après ma défaite au dix-huitième champ... »
Il s'interrompit. Se rappelant sa dernière défaite et des conséquences. Il prit un air sombre. Le constatant, Soy se demanda ce qu'il avait pu dire de mal. Il changea de sujet, se disant qu'il valait mieux ne pas demander ce qui n'allait pas.
« Tu veux bien m'apprendre à me battre ? »
Nato le regarda étonné.
« Euh... C'est-à-dire que... Cela fait un certain temps, que je ne m'exerce plus... Et puis, tu sais, ce n'est pas comme un cours de judo de quartier... Je n'ai entraîné que mes enfants jusqu'à présent, et je leur faisais faire des exercices quotidiens. Si je t'entraîne, ce sera vraiment à la dure. Et je suis exigeant. Tu vas devoir t'entraîner des heures tous les jours.
- Ah non, alors ! Je veux pas !
- Il se laisse vite décourager, » pensa l'homme, en riant pour lui-même.
« - Tant pis... » dit l'enfant, déçu.

Le reste de la soirée s'écoula en regardant la télé qui était mise sur la chaîne des dessins animés. Nato et Soy n'échangèrent plus que des commentaires sur ce qu'ils voyaient, où plutôt, Soy commentait ce qu'il voyait. Il était environ vingt-trois heures, quand la sonnerie de la porte retentit. C'étaient les Corn.
« Maman ! Papa ! Vous avez vite fini !
- Oui, l'inventaire a été plus vite fait qu'on ne l'imaginait. »
Barley regarda Nato un moment. Celui-ci répondit à ce regard.
« C'est gentil d'avoir essayé... »
Les parents de Soy sourirent tristement.
« Merci de vous être occupé de Soy. Comme ça, il n'est pas resté seul, » dit Colza.
« Je vous en prie. C'était un plaisir. »

Ils se dirent au revoir et Nato referma la porte. Il se retrouva à nouveau seul dans son appartement. Il ouvrit la porte de la chambre de Mâron. Il n'avait touché à rien depuis leur départ, pareil pour la chambre de Hazel. Mais de toute façon, il se rendait compte que sauf à changer la fonction de chambre à coucher des deux pièces, il aurait été difficile de changer quoi que ce soit. Ces chambres étaient totalement impersonnelles. Même un enfant comme Soy, avait dû s'en rendre compte. Le fait qu'il ne lui ait posé aucune question sur ces chambres, lui qui était si curieux, confortait Nato dans cette opinion. L'air gêné du petit rouquin quand il avait été pris sur le fait ne semblait d'ailleurs pas être uniquement dû au fait d'avoir fouiné chez lui. Ces chambres s'étaient vidées doucement après la mort de Dona, sans que leur père ne s'en rende compte. En regardant ces chambres vides d'âme, Nato ne put s'empêcher de se dire que ses enfants n'avaient pas été chez eux dans cet appartement. Ils étaient plutôt comme dans des chambres d'hôtels qu'ils utilisaient uniquement pour dormir. À part leurs vêtements, qu'ils mettaient dans leurs armoires, leurs affaires personnelles étaient contenues dans des capsules qu'ils gardaient toujours sur eux. À vrai dire, si leur père n'avait dû compter que sur l'état des chambres pour savoir s'ils étaient encore là ou non, il n'aurait jamais remarqué leur disparition avant au moins plusieurs semaines. Mais Mâron lui avait laissé un mot. « Nous ne reviendrons pas. Ne nous cherche pas. » Il s'était alors précipité dans leur chambre pour ouvrir leurs armoires et avait constaté que leurs vêtements avaient bel et bien disparu. C'était la seule chose qu'ils avaient emportée.

Évidemment, il n'avait pas respecté la demande de Mâron et s'était tout de suite mis à leur recherche. Il avait averti la police, qui ne s'y intéressa guère, des vauriens qui fuguent n'étaient pas leur priorité. Il avait fait des avis de recherche. Il avait interrogé tout le quartier. Il était allé dans les quartiers les plus mal famés. Sachant que les jumeaux aimaient se battre contre des voyous. Il interrogea plusieurs de ceux-ci, sachant qu'ils n'oublieraient pas une dérouillée face à des personnes qui avaient l'air aussi peu dangereuses que les jumeaux. Certains s'étaient mis sévèrement en colère à la vue des avis de recherche, mais ils comprirent vite qu'il valait mieux rester calme face à Nato. Finalement, un voyou lui révéla qu'ils étaient chefs du gang des Rifles et lui dit où se trouvait leur quartier général, puisqu'il était un Rifle lui-même. Bien entendu, Nato avait dû lui soutirer cette information par la force. Arrivé au hangar où ils se basaient, il avait prétendu vouloir défier les chefs. Quand ils étaient venus voir qui les défiait, ils avaient eu l'air surpris qu'il ait réussi à les retrouver. Il avait tout de suite essayé de les convaincre de rentrer et de reprendre le lycée. Mais ils avaient vite coupé court à la conversation et l'avaient laissé en plan. Ils lui avaient tourné le dos, et des membres de leur gang l'avaient empêché de les suivre. Il aurait pu les maîtriser, mais d'autres seraient venus, et il se rendait compte qu'agir par la force n'aurait fait que les braquer. Il décida donc de s'en retourner.

Constatant que les avoir retrouvés avait été complètement inutile, il s'était morfondu durant deux jours, jusqu'à ce que les Corn l'invitent. Ils lui avaient rappelé ce qu'était l'ambiance familiale. Il se mit alors à fréquenter régulièrement cette famille. Dans le même temps, il allait régulièrement rendre visite à ses enfants, jamais dans l'intention de les ramener, il savait que leur demander une telle chose était inutile. Il allait simplement les voir, pour parler de tout et de rien. Il espérait ainsi qu'ils finiraient par vouloir rentrer d'eux-mêmes. Ils avaient accepté ses visites les deux premières fois, sans toutefois accepter la communication qu'il cherchait à instaurer. Mais par la suite, ils avaient chargé leurs sbires de l'empêcher de passer. Il continua malgré tout de venir, espérant que sa persistance servirait. Mais ce fut inutile.

Évidemment, tout cela ne faisait que miner son moral. Et il se demandait s'il ne valait pas mieux abandonner. Cependant, il se ressourçait grâce aux rencontres régulières avec les Corn. Bien qu'il sentît que le couple estimait que ses enfants étaient perdus, particulièrement Barley, ils n'en dirent jamais rien. Nato préférait cela. Il pouvait passer outre leurs sentiments à ce sujet, mais il n'aurait jamais supporté qu'ils lui disent d'abandonner. Un jour, Barley lui dit qu'elle admirait son courage et sa confiance envers ses enfants, qu'elle enviait ces qualités. Quelques larmes avaient coulé alors de ses yeux. Il s'était alors demandé ce qu'elle avait voulu dire. Colza lui expliqua, à part, que leur propre fille avait suivi la même voie que Hazel et Mâron. Il n'était pas entré dans les détails, mais Nato comprit que les deux parents avaient décidé de la laisser partir. L'ex-champion n'avait pas demandé plus de précisions.

Ils le voyaient donc comme un bon père ? Oui. Il avait été un bon père. Mais il y avait longtemps. Il se souvenait du temps passé dans leur ancienne villa. Un temps où il montrait toute son affection à ses enfants. Et où ils le lui rendaient. Il se souvenait des moments de calme, de douceur, des fous rires, des crises de nerfs, des contrariétés, des petits détails quotidiens. Dona et lui étaient de bons parents. Ils éduquaient leurs enfants, chacun dans son domaine. Rien ne servait d'y repenser. C'était le passé. Un passé qu'il ne retrouverait pas. Il était devenu un mauvais père et un mauvais mari. Un homme impardonnable, que ses enfants ne pardonnaient pas. Mais il voulait tout faire pour mériter ce pardon. Il n'abandonnerait pas tant qu'il ne l'aurait pas obtenu. Tant qu'il n'aurait pas redonné l'espoir à ses enfants. Même si lui n'avait plus d'espoir. Il savait ce qui l'attendait au bout, ce que subissait à ce moment même Dona. Mais il devait rendre ses enfants heureux, pour elle. Pour eux, surtout. La vie était le seul moment où l'on pouvait être heureux, il ne fallait pas qu'ils ratent ça.

Après avoir poursuivi ses réflexions encore un moment, il se prépara à aller se coucher, bien décidé à réessayer de voir ses enfants le lendemain. Non, il n'abandonnerait pas, peu importait le nombre de fois où il se sentirait abattu.

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Quelques jours passèrent. Il n'avait toujours pas réussi à convaincre ses enfants de reprendre le contact. Cependant, il continuait de rencontrer les Corn. Les Corn qui en plus de lui apporter du réconfort s'étaient mis à l'encourager dans ses tentatives avec Mâron et Hazel. Leur rencontre avec les jumeaux, mais surtout ce qui s'était passé avec leur fils, les avaient apparemment convaincus qu'ils n'étaient pas des cas désespérés.

Ils s'étaient aussi mis à parler plus souvent de leur fille. Ils ne lui avaient toujours pas raconté les circonstances exactes de sa disparition, mais ils évoquaient très souvent Rye, puisqu'il s'agissait du nom de leur fille. Cependant, s'ils ne lui avaient pas raconté les circonstances du départ de Rye, lui non plus ne leur avait pas raconté les racines de son problème avec les jumeaux. Mais que leur aurait-il raconté ? Qu'il s'était enfermé deux ans derrière un mur après avoir été tué avec sa femme par un démon ? Et que cela avait indirectement causé la mort de celle-ci ? Ils savaient donc juste que la mort de Dona avait été un événement traumatique pour les enfants, comme toute mort d'un proche. Mais ils ne savaient pas en quoi cette perte se différenciait des deuils habituels.

Les jumeaux étaient déjà venus voir les Corn trois fois à leur magasin et Soy traînait parfois avec eux quand ils avaient des activités sans rapport avec leur gang. Ils avaient apparemment accepté sa présence. Les Corn avaient demandé à Nato s'il voulait qu'ils tentent quelque chose. Mais celui-ci avait refusé, craignant que cela ne fasse fuir les jumeaux, ils se seraient ainsi privés de la présence saine de cette famille. De plus c'était pour Nato comme des contacts indirects avec ses enfants. Il avait donc même supplié le couple de ne surtout pas leur parler de lui.

Il était sur le point de rentrer du travail, pour ensuite partir tenter encore de voir les jumeaux, mais il vit devant la porte de son appartement une femme brune qui semblait hésiter. Il s'approcha.
« Euh... Bonjour, madame, puis-je vous aider ? »
Elle sursauta tellement fort, que Nato en eut aussi un léger sursaut.
« Euh... Pardon. Je... Euh... Je... Je viens voir M. Nuss...
- C'est moi-même. »
À ce moment-là, la femme prit une expression bizarre. Nato aurait bien été incapable de la décrire, mais il avait acquis l'étrange certitude qu'elle voulait tout sauf lui parler.
« Et vous êtes ? Je ne crois pas vous connaître...
- Mon nom est Guilt Modent. Non. Effectivement, nous ne nous connaissons pas...
- Bon, que puis-je faire pour vous ? »
Elle resta silencieuse.
« Madame ?
- C'est-à-dire que... »
Elle cessa à nouveau de parler. Elle avait des yeux noirs fatigués et portait un long manteau beige, cachant le reste de ses vêtements. Ses cheveux étaient organisés en coupe au carré. Nato s'impatientait.
« Écoutez, madame, j'ai autre chose à faire. Si vous pouviez en venir au fait.
- Oh ! Si vous voulez, je peux revenir plus tard.
- Et bien, faites donc ça. »

Elle allait s'éloigner et il mettait déjà sa clé dans sa serrure.
« Non. Non. Je crois qu'il vaut mieux que je vous parle, maintenant. S'il vous plaît. ... »
Pourquoi avait-il l'impression qu'elle allait ajouter « tant que j'en ai le courage » ? Mais elle n'en fit rien. Que lui voulait-elle donc ? En tout cas, elle ne disait toujours rien. Il venait de remarquer qu'elle ne le regardait jamais en face.
« Alors... ?
- Euh... Est-ce que nous pourrions entrer ? »
Pour toute réponse, il ouvrit la porte et l'invita à pénétrer dans la maison. Il la fit s'asseoir dans la salle de séjour et lui apporta un café. Elle fixait sa tasse et ne disait toujours rien. Nato commençait à s'impatienter.
« Vous avez de beaux enfants. »
Elle indiquait une photo en lui disant ça. C'était une photo datant de l'époque où ils vivaient à la montagne.
« Oui, merci. Bon. Vous allez me dire ce que vous me voulez ?
- Ce... Ce que je vais vous dire n'est pas facile à dire... Pour moi... Je... Vous savez, à l'époque mes enfants étaient encore jeunes, et je ne voulais pas qu'ils perdent leur mère. ... Mais... C'est en les voyant dernièrement sortant d'un magasin de capsules, que je... ... Je suis aussi allée à la cérémonie. J'ai regardé de loin. »
Ce qu'elle disait n'avait aucun sens. Pourquoi tournait-elle autour du pot, ainsi ? Elle le regarda soudainement dans les yeux.
« Il y a huit ans, c'est moi... Enfin... Moi, qui était au volant quand votre femme... »

Elle détourna les yeux. Nato se figea. Il sentit d'abord un vide l'envahir, puis des souvenirs du passé lui revinrent soudainement. Sa vie à la montagne, avec sa famille. Cette époque paisible. L'arrivée du démon. Sa mort et celle de Dona. Sa résurrection. Son emménagement à Kita no Miyako. Son éloignement de sa famille. Hazel qu'il avait blessé. Dona endormie après avoir ingurgité trop d'alcool. Elle, sur son lit de mort. La haine que ses enfants lui portèrent des lors. Leur disparition. Quand il revint à la réalité, sa tasse de café était renversée et la femme sanglotait en le suppliant de la pardonner.
« Partez. »
Elle leva les yeux.
« Je...
- Partez ! »
Elle fit un mouvement de recul, et après quelques secondes, se leva.

Soudain, Nato se demanda comment il pouvait demander à ses enfants de lui pardonner, si lui ne pouvait faire la même chose. Il ne savait pas d'où cette pensée lui était venue si soudainement, alors qu'il voulait juste la voir partir. Cette réflexion lui fit l'appeler:
« Attendez ! »
Elle se retourna. La voyant les larmes aux yeux, il réalisa qu'il était tout bonnement incapable de lui pardonner, comme il ne pouvait se le pardonner à lui-même. Il resta un long moment silencieux, Guilt Modent, devant lui, immobile aussi, toujours pleurant sans le regarder. Il ouvrit finalement la bouche.
« Je... Je ne peux pas vous apporter mon pardon... C'est... C'est trop me demander. J'en suis incapable. Même si je sais que vous n'avez pas voulu tuer Dona. Mais, je vous en prie, ne gâchez pas votre vie. Ne vous rongez pas de culpabilité. Même s'ils ont grandi, vos enfants ont besoin d'une mère qui puisse leur apporter du soutien, vous ne le pourrez pas si vous vous plongez dans les remords. »
Elle sourit faiblement.
« C'est trop tard pour mes enfants. »

Elle se dirigea vers la porte, l'ouvrit puis la referma derrière elle. Nato s'assit alors lourdement sur son canapé et pleura à chaudes larmes. Il avait l'impression que tout s'était passé très vite, à tel point qu'il se demanda si c'était réellement arrivé. Au bout d'un long moment, il se leva, se prépara et sortit pour tenter de voir Mâron et Hazel. Peut-être se pardonnerait-il à travers leur pardon à eux.
Dernière édition par San999 le Jeu Fév 09, 2012 12:47, édité 1 fois.
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Messagepar San999 » Sam Sep 15, 2007 19:20

Chapitre 8: Manacle et Païpu




Le ciel était noir comme l'ébène. Nato regardait à l'extérieur. Il prenait son petit déjeuner lorsque le Soleil s'était assombri soudainement. Il se rappela soudainement quelque chose. Lorsqu'il avait été ressuscité, ses enfants lui avaient dit que le ciel était devenu tout noir juste avant. Et si... ? Il prit précipitamment sa boîte à capsules hoipoi. Sans même s'habiller plus qu'avec sa robe de chambre, il se précipita dehors. Il sortit son plus rapide skycar et se dépêcha d'aller aux abords de la ville, vers le cimetière où Dona était enterrée.

Lorsqu'il arriva, le ciel était déjà redevenu normal. Il se dirigea vers la tombe de son épouse. Il aperçut de dos, deux silhouettes devant la tombe. Une jeune femme blonde avec une coupe au carré mi-longue. Un jeune homme aux cheveux noirs, coiffés de la même manière. Ils portaient tous les deux des jeans troués. Le garçon avait des bottes militaires noires recouvrant le bas de son pantalon et une veste beige. La fille était chaussée de bottes de cuir brun et habillée d'une veste en jeans, trouée. Cela faisait plus d'un an qu'il ne les avait plus revus, mais il les reconnut immédiatement, malgré la légère brume matinale. Ils se retournèrent, mais ne dirent rien, ne paraissant pas surpris de le voir. Il observa la tombe de son épouse. Elle était intacte. Ils commencèrent à marcher pour partir. Lorsqu'ils passèrent à côté de Nato, Nagant dit : « Ce n'était pas pour elle... »

Nato resta encore un court instant à observer la tombe de sa femme. Puis, il se tourna et dit :
« Cela fait plus d'un an que j'essaie de venir vous voir, mais vous refusez sans cesse. Cela va durer encore longtemps ? »
Ils ne répondirent rien et poursuivirent leurs pas sans se retourner.
« Je... Vous n'êtes pas obligés de me pardonner. Je ne vous le demande pas. Mais... Au moins... Reprenez les rênes de votre vie. Essayez de vivre ! De vivre vraiment ! Arrêtez de fuir ! Vous devez reprendre le goût de vivre ! »
Les jumeaux s'arrêtèrent. Mâron se retourna.
« Te pardonner ? Mais nous t'avons pardonné depuis longtemps. »
En entendant cela, Nato en fut très interloqué.
« Mais... Mais alors... Pourquoi une telle fuite ? Je... Je ne comprends... Vous gâchez votre vie. Et vous le savez très bien. Si ce n'est pas parce vous essayez de mettre de la distance entre nous, pourquoi le faites-vous ?
- Notre but n'est pas vraiment de mettre de la distance entre nous... » poursuivit la jeune fille. « Ce n'est qu'une conséquence de notre décision. »

Nato la regarda, d'un air interrogateur. Puis il se tourna vers Hazel, mais celui-ci ne lui portait aucune attention et il restait étrangement silencieux. Ce fut finalement sa fille qui expliqua :
« Nous ne voulons plus d'une vie de famille tranquille. Nous ne voulons pas d'une vie rangée, propre et pleine de "bonheur". Notre mère a disparu pour toujours de cette terre, de nos vies. Comment pourrions-nous poursuivre une vie bien tranquille, sans elle ? Vivre heureux, rire, savourer ce que nous offrirait cette vie agréable, poursuivre notre chemin égoïstement, alors qu'elle est dans cet endroit affreux au point de vous avoir irrémédiablement traumatisés, elle et toi. Affreux au point que tu n'as jamais voulu en parler. Nous sommes incapables de vivre normalement en sachant ça. Nous sommes incapables de l'oublier. On ne le veut pas. Ce serait comme accepter sa souffrance. Nous continuons à vivre car nous sommes trop lâches pour la rejoindre. Mais nous refusons de vivre normalement.
- Mais... Mais... Votre mère ne voudrait sûrement pas ça ! Elle voudrait que ces enfants vivent heureux... Elle... Elle... Vous... »
Les larmes lui montaient aux yeux. Sa fille demanda froidement :
« Sois honnête. Quand tu étais là-bas, as-tu pensé à nous ? À ce qu'on allait devenir ? »
Le père se tétanisa. Il détourna le regard et ne dit rien. Mâron sourit tristement, Hazel avait la même expression, mais ne détourna pas ses yeux du vide. La jeune femme conclut :
« Dis à Soy et à ses parents que nous avons été heureux de les connaître, mais que nous ne nous reverrons plus. Et je t'en prie, ne perds plus ton énergie à essayer de nous voir. Nous ne reviendrons pas sur notre décision. Adieu... Papa... »
Nato tourna sa tête vers sa fille quand elle dit le mot "papa". C'était la première fois depuis longtemps qu'elle l'appelait ainsi. Mais il sentait que ce mot signifiait la fin. Il regarda ses deux enfants s'éloigner, puis disparaître dans le brouillard. Il resta planté là, des larmes coulaient sur son visage. C'était bel et bien fini.

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« Zut ! »
Le vieil homme jeta un outil assez complexe à terre. C'était le neuvième. Le neuvième sujet qui mourrait sur la table d'opération, ne supportant pas les implants.
« Bon sang ! Je n'avais pourtant pas eu tous ces problèmes avec N°8... Il est vrai que sa technologie était complètement différente... Et je n'essayais pas d'insérer des données dans son cerveau. Mais dans ce cas-ci, non seulement il faut que les cyborgs aient toutes les données sur Gokû et ses amis, mais il faut aussi améliorer l'acuité de leurs cerveaux... Et remplacer le cerveau entier par un appareil est exclu. Il est indispensable pour que la fusion fonctionne correctement. »

Depuis qu'il avait pensé à la conception de Cell, comme il avait appelé sa nouvelle créature, un problème de taille était survenu. Il s'était rendu compte que si son monstre en projet pouvait avoir l'avantage, par rapport à ses androïdes, d'une plus grande évolutivité et d'une meilleure adaptabilité, en plus de pouvoir prendre Son Gokû et ses amis par surprise en utilisant leurs techniques, il manquait cependant de puissance. En effet, il n'aurait disposé que de la force que les gènes lui conféraient. Or, cette puissance n'aurait été que très peu supérieure à celle de ceux qu'il devrait affronter. Et il aurait donc été possible qu'ils deviennent assez forts pour le vaincre, grâce à leur entraînement. En particulier, car Cell allait mettre du temps à arriver à maturité. Il obtint confirmation de ce qu'il redoutait en observant l'entraînement de Piccolo en prévision de l'arrivée des Saiyans. Celui-ci avait multiplié sa force par trois, en à peine six mois. Lorsque Gero vit Kulilin et tous les autres redescendre du Palais de Dieu, cet endroit que son robot-espion ne pouvait atteindre, ce fut le coup de grâce. Il avait alors mesuré leurs nouvelles forces, et il s'était rendu compte avec dépit que sa créature aurait du mal à vaincre ne serait-ce que Chaozu.

Il avait alors réfléchi à un autre moyen d'augmenter la puissance de Cell. Biensûr, il disposait de nouveaux gènes, et ceux des Saiyans seraient sûrement récoltés aussi. Mais il savait que cela ne ferait que repousser le problème, car Gokû et ses amis ne manqueraient pas de progresser encore. Il avait longtemps planché sur ce problème, sans trouver de solution.

Un moment, il s'était même résolu à abandonner ce projet. Après tout, il avait amélioré ses anciens androïdes. Il n'avait pas réussi à changer l'attitude de N°16, mais il avait, en revanche, amélioré l'alimentation énergétique des autres. Il n'avait pas pu leur mettre l'une des deux autres seules batteries à énergie infinie qu'il avait conçues, leur fabrication était très coûteuse et elles étaient inadaptées aux circuits des autres androïdes. Mais il leur avait installé un système d'absorption d'énergie des êtres vivants. Ce système avait tout de même le défaut de demander de tuer beaucoup de créatures pour remplir complètement la batterie, ce qui rendait la charge difficile, mais il avait au moins augmenté l'autonomie des androïdes N°9 à N°15. Peut-être devait-il se résoudre à envoyer ces machines imparfaites pour réaliser son rêve. Puis, il lui vint l'idée de donner une imitation biologique de cette capacité à Cell. Il aurait ainsi pu améliorer son niveau en absorbant d'autres êtres vivants. Cependant, le Dr. Gero n'en était toujours pas satisfait.

Il étudia un moyen de placer l'une de ses batteries d'énergie infinie sur son monstre, mais il était bloqué, ne voyant pas comment il pourrait correctement intégrer cet appareil dans un être vivant. Il aurait pu le cybernétiser, mais cela n'aurait alors plus eu aucun intérêt de fabriquer une telle créature. C'est alors que lui vint l'idée de fabriquer deux cyborgs portant cette batterie. Les cyborgs ayant une base humaine, Cell aurait pu les absorber. Mais il fallait que cette absorption se fasse d'une manière un peu différente de l'absorption classique. Une absorption par fusion, lui semblait appropriée. Il étudia la question et se rendit compte que c'était tout à fait dans ses cordes.

Il kidnappa alors quelques personnes de Kita no Miyako. Mais malheureusement, il constata que le type de technologie qu'il utilisait nécessitait des humains bien plus résistants que pour la technologie qu'il avait utilisée sur N°8. Il avait ainsi perdu neuf sujets. Il lui fallait des sujets sains, jeunes, mais apparemment il fallait aussi qu'ils soient particulièrement robustes. Il avait un instant songé à utiliser deux amis de Gokû, Kulilin et Yamcha. Mais il préférait les tuer, et leur disparition lui aurait fait courir un gros risque, car la cybernétisation demanderait du temps. Cela faisait près d'un an qu'il était sur ce projet et que celui-ci piétinait.

Il se leva et tapa sur son ordinateur, il programma son robot-espion pour chercher des sujets idéaux. De toute manière, le combat contre les Saiyans était fini. Son Gohan, Kulilin et Bulma étaient partis sur la planète Namekk et Son Gokû était à l'hôpital, il ne se passait donc rien de bien intéressant de leur côté. Il espérait qu'il finirait par trouver les sujets qu'il lui fallait.
« N°11, débarrasse-moi de ce macchabée inutile ! Incinère-le avec les autres ! »

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Soy regardait la télévision dans son salon. Une journaliste parlait. Il était dimanche, le 15 novembre. Cela faisait deux semaines que sa famille et lui n'avaient plus de nouvelles des jumeaux. Ils ne passaient plus au magasin, et quand l'enfant tentait de les appeler sur leurs portables, ils ne répondaient pas. Quant à M. Nuss, ils n'avaient plus vraiment parlé avec lui depuis à peu près le même temps, ils l'avaient croisé une ou deux fois dans le bâtiment. Ils lui avaient trouvé une mine abattue. Les parents de Soy, s'inquiétant, avaient tenté d'aller le voir chez lui, mais personne n'avait ouvert et ils n'avaient entendu aucun bruit. Personne ne savait vraiment ce qui se passait, et ils étaient inquiets, mais ils ne pouvaient qu'attendre que M. Nuss vienne leur parler.

« Toujours pas d'explications sur ce qui a pu arriver à Higashi no Miyako, qui a été ravagée par une mystérieuse catastrophe, il y a maintenant treize jours. Rappelons que le seul indice qui avait pu être trouvé, ce qui semblait être un vaisseau spatial aux vues des premières suppositions des scientifiques, a soudainement explosé le lendemain même de sa découverte dans ce qui restait de la ville. Actuellement, les scientifiques pensent qu'un signal a été envoyé pour qu'il explose. Mais quelle était la nature du signal ? Et d'où provenait-il ? Mais surtout qui l'a envoyé ? Et pourquoi ? Nous en sommes réduits à de pures spéculations. Revoyons les images de l'explosion. « Selon nos sources, l'objet retrouvé dans les décombres de Higashi no Miyako serait un engin spatial... Nous attendons confirmation... Il y en avait deux quand nous avons retrouvé celui-ci, mais l'autre est soudainement parti... Les scientifiques sont toujours en train de... 'BOUM !' Mais... ! Que se passe-t-il ? L'objet a soudainement explosé ! Il ne reste plus qu'un tas de gravats... ! » »

L'enfant regardait sans grand intérêt ces informations. Quand il avait entendu ça pour la première fois, il avait été fasciné et en même temps effrayé. Il avait tout de suite voulu en parler à Mâron et Hazel, savoir ce qu'ils en pensaient. Mais ils ne venaient plus le voir depuis un moment, et il en était attristé. Il se demandait s'il avait fait quelque chose pour qu'ils se fâchent. Finalement, il éteignit la télévision. Il avait besoin de sortir se changer les idées. Il irait au parc et peut-être y verrait-il des copains de son âge. Il alla dans la cuisine avertir son père qu'il sortait. Celui-ci préparait le repas, ce jour-là.
« Très bien. Mais reviens à temps pour le repas. Il sera probablement prêt vers midi et demi. Donc, tu reviens un peu avant, pour mettre la table. Et puis, sois prudent, le quartier est peut-être un peu plus calme depuis quelques temps, mais quand même. Va dire au revoir à maman. »

Le petit rouquin se dirigea vers la chambre de ses parents où sa mère faisait les comptes du magasin et lui dit au revoir. Elle donna aussi sa petite recommandation. Il mit un gilet noir par-dessus son pull vert et sortit. Il prit son vélo et se dirigea vers le parc, mais finalement changea d'avis et décida d'aller au centre ville. Peut-être y croiserait-il Mâron et Hazel. Il stoppa soudainement. Il hésitait encore un peu, ayant peur d'arriver en retard pour le dîner, mais finalement l'envie de revoir les jumeaux était trop grande. Il pédala à toute allure en direction du centre. À vélo, il pouvait prendre des chemins étroits pour arriver plus vite. Au bout d'un certain temps, il s'arrêta au coin d'une ruelle assez vide, essoufflé et réfléchissant au chemin à prendre. Il n'était pas perdu, mais il n'avait pas l'habitude de se déplacer en ville et il avait besoin de réfléchir pour se repérer. Lorsqu'il décida du chemin à suivre, une voix retentit.
« Eh ! Attends gamin ! »
Il se retourna et vit une jeune femme pâle aux cheveux violets et hirsutes, et deux hommes chauves aux mines patibulaires. Soy ne les avait pas vus et il aurait préféré que cela restât ainsi.
« Qu'est-ce qu'il y a, Hammer ? Tu connais ce gosse ?
- Hé ! Hé ! Regarde-le bien, Lemon. Tu te souviens que nous avons vu les deux enfoirés de chefs de ces satanés Rifles avec un gosse ?
- Oh ! C'est lui ? Tu en es sure ?
- Oui, Dogfish. Je les ai vus une autre fois avec lui, d'un peu plus près. C'est bien ce petit rouquin. Comment pensez-vous que White nous récompenserait si nous lui ramenions, les mains liées, ces petits merdeux de Nagant et Mosin ?
- Ho ! Ho ! Ho ! Je vois où tu veux en venir... »
Comprenant que rien de bon ne l'attendait, Soy allait commencer à pédaler à toute vitesse, mais la fille le retint par le poignet et, le tirant vers elle, le désarçonna de son vélo.
« Atteeends... Ne pars pas comme ça... ! On va faire un peu plus ample connaissance... ! T'es le petit frère de Mosin et Nagant ? Hé ! Hé ! Hé ! Je sens que tu vas nous être bien utile... »
Le garçon déglutit.

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Nagant tira dans le genou de l'un des membres des Red Sharks qui tentait de s'enfuir. L'homme se mit à hurler. Le tireur ne réagit pas, se contentant de passer sa main dans ses longs cheveux, noirs, lui arrivant juste au-desssus des épaules. Puis, il soupira, rangeant son arme dans sa veste de cuir brun, qui couvrait un pull noir aussi stylistiquement troué que son jeans.
« Je vous avais pourtant prévenus... Ce n'est pas parce que les Rifles ne tuent plus, qu'ils ne blessent plus. Tu ne pourras probablement plus jamais marcher normalement. Et puis, si l'on doit choisir entre vos vies et les nôtres, le choix sera vite fait. »
Un autre Red Shark intervint.
« Mais bon sang ! C'est quoi ces manières d'agir !? Les gangs n'ont jamais été tendres entre eux, mais normalement, ils ne passent pas non plus leur temps à se voler les uns les autres, s'ils ne visent pas le même marché ! Vous, vous ne faîtes qu'attaquer les autres gangs et les provoquer pour leur piquer leurs marchandises et leur fric ! On dirait que vous ne visez que ça !
- T'as tout compris ! »

La dizaine de Rifles qui accompagnait Nagant se mit à ricaner. Quand les jumeaux avaient annoncé à leur gang qu'ils allaient renoncer à toute activité autre que la guerre de gang, mais que la règle de non-tuerie restait de rigueur, ce fut un vrai tollé. Le frère et la sœur savaient que c'était un pari risqué qui pourrait non seulement leur coûter leurs postes de chefs, mais aussi leur vie. Heureusement, ils avaient pu compter sur Barett, l'ancienne cheffe, pour calmer le jeu, un moment. Mais s'ils voulaient pouvoir tenir ce rôle, il fallait convaincre les Rifles qu'il y avait tout à y gagner. Il y avait plusieurs gangs dans les quartiers de Kita no Miyako qu'ils occupaient, mais les deux plus puissants étaient sans conteste les Rifles et les Red Sharks. Les Red Sharks étaient inattaquables dans les circonstances telles qu'elles étaient lorsque les jumeaux avaient pris leur décision. Ils avaient donc commencé par s'attaquer aux petits gangs, en s'appropriant d'abord leur réserves d'armes. Utilisant les connaissances de Barett pour jouer sur les rivalités de gangs et trouver leurs points faibles, ainsi que des informateurs adéquats, et enfin grâce aux capacités de combat et de meneurs de leurs deux chefs, les Rifles finirent par prendre l'ascendant sur les autres gangs en très peu de temps. Leur pouvoir sur la ville montait. Ils pouvaient à présent même se permettre d'attaquer les Red Sharks.

Étonnamment, le fait qu'ils évitassent le meurtre leur donnait un avantage. En effet, les Rifles ne tuaient pas de sang froid, mais ils blessaient sans hésiter, et surtout, les jumeaux avaient réussi à faire circuler la rumeur qu'ils pouvaient tuer ceux qui osaient répliquer à une attaque. Donc, même si les chefs de gang les plus avisés se rendaient compte qu'ils bluffaient, ils savaient qu'ils ne pouvaient pas envoyer leurs sbires dans une expédition punitive. Leurs sbires savaient que lors d'une attaque des Rifles, ils ne risquaient pas grand chose, en revanche, ils avaient peur des conséquences, si c'était eux qui attaquaient en premier. Ainsi, ils étaient devenus plus enclins à se laisser faire, quitte à s'humilier, plutôt que de se défendre et risquer des blessures cruelles ou pire. De plus, le deuxième avantage était que même si la position officielle de la police était qu'elle surveillait leurs activités avec sévérité, les arrestations de Rifles étaient devenues assez rares, les policiers préférant se concentrer sur des gangs plus agressifs et d'autres organisations criminelles. Le gang avait en effet arrêté le meurtre et le trafic de drogue, leurs activités se limitant aux attaques d'autres gangs, au trafic de capsules hoipoi et à la contrebande en tout genre. En revanche, la police des quartiers plus aisés où les Rifles avaient augmenté leurs activités de braquages était moins conciliante et elle ne supportait pas l'indulgence avec laquelle les policiers de la région de la base du gang les traitaient. C'en était au point que les polices des deux quartiers s'en faisaient presque la guerre.

Pour toutes ces raisons, les Rifles étaient devenus très craints, et chacun de ses membres avait fini par avoir confiance en leurs chefs. Surtout que leurs guerres de gangs avaient coûté la vie à très peu de monde, que ce soit du côté de leurs ennemis ou du leur. Ainsi, ce jour-là, ils avaient encore attaqué les Red Sharks dans un de leurs entrepôts, où ils stockaient leurs réserves de capsules hoipoi et où ils raffinaient leur drogue.

« Bien, je crois qu'on a tout. Allons-y !
- Bien, chef ! »
Ils entendirent soudainement la sirène de la police au loin. Vu qu'ils étaient dans une région industrielle abandonnée, ils ne pouvaient venir que pour eux.
« Zut ! Ces idiots s'étaient fait repérer ! Il faut qu'on file ! Bon ! Vous y allez. Je vais m'occuper de détruire leurs installations et toute leur poudre. Il faut finir les choses comme qu'il faut !
- Mais chef... !
- Ne discutez pas ! Ce sera vite fait ! Ces choses-là prennent vite feu. »

Les Rifles ne discutèrent plus, sortirent divers véhicules de leurs capsules et filèrent. Quant à Nagant, il ouvrit la porte de l'entrepôt et vida un bidon d'essence pour que le feu parte bien, s'assurant qu'il coule jusqu'à la marchandise. Il chassa un peu plus loin les Red Sharks pour qu'ils ne soient pas touchés par l'explosion. Ceux-ci, ligotés comme ils étaient, se déplacèrent tant bien que mal en traînant le blessé comme ils pouvaient. Nagant sortit, prit une arme et visa l'essence au sol. Celle-ci s'enflamma, il s'éloigna et l'entrepôt s'embrasa tout à fait. Les véhicules de police devenaient visibles. Le chef de gang sortit un skycar d'une capsule qu'il venait de prendre aux Red Sharks, sauta dedans, démarra et rien ne se passa. Il regarda les divers compteurs et tout avait l'air de bien aller. Comme le skycar ne voulait pas démarrer malgré tout, il descendit, sortit sa boîte à capsule, l'ouvrit et la police arriva, l'encercla et déjà tous le pointaient de leurs pistolets.
« Hmm... Mince. »

Il leva les mains comme les policiers les braquaient lui et la dizaine de Red Sharks ligotés. Un policier vint le menotter. Ils avaient tous l'air étonné de voir tous ces Red Sharks attachés, avec Nagant qui était seul libre. Mais surtout, ils se demandaient ce qui était arrivé à l'entrepôt. À toutes leurs questions, le frère de Mosin répondit par son sarcasme habituel, ce qui lui valut d'être un peu secoué. Il allait être mis dans une voiture de police, lorsqu'une femme intervint.
« Attendez. Je vais l'emmener moi-même au poste. »
Nagant fut intrigué. Il inspecta la policière. Plutôt corpulente, bien que petite, la quarantaine, la peau noire, les cheveux frisés attachés en queue de cheval, de grands yeux très expressifs, Hazel la reconnut tout de suite, mais ne dit rien.
« Tu es sure ?
- Oui, vous n'avez qu'à vous occuper de la fouille du secteur.
- Bien. »
La femme prit le garçon par le bras, puis le fit monter dans la voiture.

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Ils roulaient depuis cinq minutes. Elle n'avait pas l'air pressée de l'emmener au poste. Finalement, il lui demanda.
« Où est l'agente Païpu ? »
Manacle reste un instant silencieuse, puis répondit :
« Elle est décédée. Il y a deux mois. »

Hazel qui regardait à travers la vitre jusqu'alors, se tourna vers elle, choqué, mais sans le paraître. Cela faisait déjà plusieurs années, mais le souvenir de ces deux policières qui avaient tenté de les réconforter lui et sa sœur, à la mort de leur mère, était resté vif. Il se souvenait très bien des cheveux noirs d'ébène de l'agente Païpu, accordés avec la couleur de ses yeux en amande et en contraste avec son teint pâle. Elle semblait fluette, mais il se souvenait que quand elle leur apportait son soutien, elle avait l'air d'avoir une grande force.

« Comment ?
- Tuée lors d'une patrouille, par le chef des Red Sharks. Un certain White. »
Hazel serra les poings
« Et pourquoi ne l'arrêtez-vous pas ?
- Pas assez de preuves. »
Elle sourit amèrement.
« Tu voudrais que j'arrête ton chef ?
- Je ne suis pas un Red Shark.
- Alors que faisais-tu là-bas ?
- Les autres étaient ligotés. C'est pas pour rien. Je suis venu leur prendre leur marchandise intéressante et brûler le reste.
- Hein ? Ça me dit quelque chose, ce genre de comportement. Ne me dis pas que tu es un Rifle ?
- Je suis l'un de leurs deux chefs. »
L'agente de police parut surprise.
« Pourquoi es-tu resté là ? Tu aurais pu partir plus vite. Nous nous sommes dépêchés, car nous avons vu qu'il y avait trop d'agitation. Nous pensions qu'ils nous avaient repérés et voulions intervenir avant qu'ils ne fuient. Mais ce n'était pas ton entrepôt, tu n'avais aucune preuve à effacer.
- Je voulais détruire leur saleté.
- Nous l'aurions fait.
- Pas tout. Tous les policiers ne sont pas aussi honnêtes que vous.
- Tu joues les justiciers ?
- Keuf ! Ne soyez pas si naïve ! Vous allez bientôt me dire que l'on redistribue aux pauvres l'argent qu'on vole ! Nous ne dealons pas, la drogue ne nous servirait à rien, mais la détruire affaiblit les Red Sharks, car ils y mettent beaucoup d'argent.
- Si ce n'était que ça, tu aurais pu laisser la police la récupérer, cela ne changerait rien pour toi. »
Il ne répondit rien. Elle sourit.

« Vous voulez la venger ? »
Cette question de Nagant brisa le court silence.
« Pardon ?
- Si la police ne le peut pas. Mon gang peut s'occuper des Red Sharks et de ce White.
- Désolée. Mais je ne veux pas que plus de sang soit versé.
- Les Rifles ne tuent pas de sang froid. En revanche, nous pourrions grandement affaiblir les capacités d'action du gang. Et nous pouvons aussi faire en sorte que ce White ne soit plus jamais en état de faire quoi que ce soit à qui que ce soit.
- Tu as l'air sérieux... »
Nagant ne répondit rien. Manacle regarda une dernière fois dans son rétroviseur. Voyant l'expression sérieuse et déterminée de son passager, elle stoppa le véhicule, sortit de sa voiture, ouvrit la portière arrière, en fit sortir le jeune homme et le démenotta.
« Puis-je avoir un véhicule ? »
Manacle prit une capsule et une moto-jet en sortit. Le garçon aux cheveux noirs grimpa dessus.
« Ne me donne pas tort. ... J'essaierai de trouver une bonne excuse pour ta fuite. »
Il lui sourit et décolla.
Dernière édition par San999 le Jeu Fév 09, 2012 12:50, édité 1 fois.
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Messagepar San999 » Sam Sep 22, 2007 13:16

Chapitre 9: Les Red Sharks




Mosin était dans le hangar au milieu du terrain inexploité de la ville qui servait de base aux Rifles. Elle avait laissé Nagant s'occuper seul de l'entrepôt des Red Sharks. De son côté, elle était allée voler de nouveaux vêtements dans une boutique de luxe. Mais finalement, une fois rentrée, elle avait distribué ses vêtements à certaines membres féminines du gang. Elle avait seulement gardé une blouche blanche plutôt chic, qu'elle avait mis par-dessus un léger pull noir à col roulé, donnant un effet de contraste des styles, renforcé par son jeans troué. Elle enfila son blouson de cuir noir, et ajusta sa coiffure lui arrivant tout juste aux épaules. Il fallait qu'elle sorte, trouver quelque chose à faire. Depuis quelque temps, rien ne lui changeait les idées, même se battre. Si Nagant ressentait la même chose, il ne le montrait pas. Elle attendait son retour. Elle entendit du remue-ménage à l'extérieur du hangar. Lebel, une femme blonde aux cheveux ras avec le visage couvert de piercings, entra précipitamment dans la pièce que Mosin s'était réservée.

« Cheffe ! Il y a trois membres des Red Sharks qui sont aux abords de notre terrain, ils disent détenir votre petit frère !
- Hein ? C'est quoi ces idioties ? Je n'ai pas de "petit" frère !
- Euh... Ah bon ? Et le gosse avec qui on vous a déjà vu, vous et le chef Nagant ?
- Soy ?! Ils ont Soy ?
- Nous avons essayé de nous approcher, mais ils ont menacé de le tuer ! Ils le tiennent en joue ! »
Mâron se précipita à l'extérieur. L'une des trois kidnappeurs cria :
« Oh ! Voilà la terrible Mosin ! »
Elle tenait Soy par le bras, qui avait les yeux fermés de peur, et elle pointait un fusil sur sa tête. Deux hommes étaient derrière elle, appuyés sur un skycar noir.

Barett demanda :
« Nagant et toi avez un petit frère ? »
Mâron ne répondit rien. Elle avança en direction des trois preneurs d'otage.
« Tutututu ! Ne t'approche pas trop ! Sinon plus de petit frère !
- Ce n'est pas mon petit frère ! Imbécile !
- Ooooh... Dommage, alors... Ça ne te dérange pas si on s'en débarrasse alors ? Car là, on ne voit pas trop quoi en faire... »
Mâron serra les dents.
« Que voulez-vous ?
- D'abord, où est Nagant ?
- Il n'est pas là. Il est parti... » Elle allait dire s'occuper d'un de leurs entrepôts. Elle se mordit les lèvres. « S'occuper d'une affaire urgente.
- Une affaire urgente ? Tu nous prends pour des billes ?!
- Il n'est pas là, je n'y peux rien ! »
Les trois semblèrent se consulter. Mais la sœur de Hazel n'entendait rien. Finalement, la fille cria :
« Alors, on va se contenter de ce qu'on a ! Tu vas venir gentiment nous rejoindre, seule. »
Les Rifles se mirent à hurler.
« Et puis quoi, encore ?!? Vous allez la tuer, si elle fait ça !! Pourquoi notre cheffe ferait une chose aussi stupide !?? »

À ce moment, Soy mordit la main de la femme. Celle-ci poussa un cri. Il se dégagea, mais elle le frappa à la tête avec la crosse de son fusil. Comme il ne tombait pas, elle lança son pied sur sa jambe. Il s'écroula et hurla. Elle posa violemment son pied sur la jambe de l'enfant et pointa à nouveau son fusil sur sa tête, tandis qu'il continuait de sangloter.
« Oups ! Je crois que je lui ai brisé une jambe ! Hé ! Hé ! Hé ! À toi de voir ce que tu choisis !
- Restez ici... Je vais aller les rejoindre...
- Quoi ?! Mais... Cheffe... C'est un piège ! Il ne faut pas... »
Elle se retourna.
« Vous obéissez, c'est tout. »

Ses hommes et femmes se figèrent, y compris Barett. Mosin avait gardé sa voix glaciale et calme, habituelle lorsqu'elle voulait leur faire comprendre qu'ils n'avaient pas intérêt à désobéir. Normalement, cette voix accompagnée d'un regard tout aussi glacial avait de quoi les effrayer suffisamment pour qu'ils obtempèrent. Mais cette fois-ci était différente, ce n'étaient pas des yeux glaciaux qui les avaient fixés, mais des yeux emplis d'une fureur qu'ils ne connaissaient pas à leur cheffe. Elle se dirigea vers les trois preneurs d'otages, qui lui dirent de mettre ses mains sur la tête, ce qu'elle fit. Une fois arrivée vers eux, elle regarda Soy, celui-ci saignait à la tempe et pleurait silencieusement. La fille avait toujours son pied sur la jambe du petit garçon. Quand Mâron posa ses yeux sur les trois voyous, ceux-ci déglutirent, ils comprirent qu'il valait mieux ne pas relâcher leur attention.

« Relâchez-le !
- Et puis quoi, encore ? Si on le relâche, on aura plus aucun moyen de pression sur toi ! »
La blonde la fixa haineusement, encore une fois les trois compères déglutirent. Mais Hammer se reprit et frappa la mâchoire de Mosin avec la crosse de son fusil.
« Arrête de nous regarder comme ça, salope! »
S'étant mordu la joue sous le coup, la cheffe de gang cracha un peu de salive ensanglantée. Elle grinça des dents.
« Que me voulez-vous ?
- Oh ! Rien ! Juste que tu nous accompagne voir notre chef ! Je suis sure qu'il sera heureux de te voir ! »
Les trois ricanèrent.
« Vous deux, ligotez-la ! »
Les deux hommes allèrent prendre une corde dans le skycar. Hammer fit se lever brutalement le rouquin en le tirant par un bras.
« Aller ! Morveux ! On a encore besoin de toi ! »
Celui-ci, ayant la jambe cassée, poussa un hurlement. Mais il pivota soudainement sur sa jambe valide et gifla la femme. Celle-ci le lâcha et il retomba à terre avec un cri.
« Sale... ! »

Elle avait relâché son attention. Ce fut suffisant à Mâron pour attaquer. Elle attrapa le poignet qui tenait le fusil, et, le lui tordant d'un petit mouvement sec, lui prit son arme. Dans le même temps, elle mit toute sa force dans un coup de pied qui visait soigneusement la rotule. Le genou se plia instantanément dans le sens inverse prévu par l'articulation. La femme s'écroula en braillant. Les deux hommes se retournèrent, armes aux poings, mais déjà Mâron dans un même mouvement les désarma tous les deux avec un coup de la crosse du fusil. Les pistolets allèrent rouler plus loin. Alors que Lemon s'apprêtait à courir pour le reprendre, elle lui tira dans le genou. Il s'effondra, criant. Mâron dit de sa voix glaciale : « Vous lui avez brisé une jambe. Je vais vous handicaper de deux membres chacun, mais de façon à ce que chaque membre brisé ne puisse plus jamais fonctionner normalement. »

Son regard rempli de la plus grande des fureurs, fit comprendre au pauvre Dogfish qu'elle ne plaisantait pas. Et elle lui confirma sa peur, lorsqu'elle tira sur l'épaule de Hammer, qui explosa littéralement, faisant hurler la victime. Pour la faire taire, la cheffe de gang lui planta avec force la crosse de fusil sur le visage. L'homme encore valide tremblait comme une feuille. Il tenta de s'enfuir, Mâron le mit vite à plat ventre et prit ses deux bras, les tirant vers le haut à contre-sens du pivotage prévu par les épaules, dans le dos de l'homme, puis appuyant l'un après l'autre, chaque coude sur ses genoux à elle, la blonde les lui brisa l'un après l'autre. Elle s'approcha de celui qui était déjà à terre, qui tentait de fuir en rampant, terrorisé. Elle visa sa jambe, tira, mais aucun coup ne partit.
« Pff ! Forcément ! Ce fusil ne tire que deux balles. Tu as de la chance, tu seras juste handicapé d'une jambe. »

Jetant l'arme, elle s'approcha du garçonnet. Elle le prit délicatement dans ses bras et le tourna vers elle. Il ouvrit ses yeux verts pleins de larmes et lui sourit faiblement. Elle lui rendit son sourire. Ayant assisté à la scène, les Rifles arrivèrent auprès d'eux.
« Prenez-les et jetez-les dans une rue où on les trouvera. Quelqu'un les enverra bien à l'hôpital. Gardez leur voiture. Moi, j'amène le petit à l'hôpital, » dit-elle en se levant, gardant Soy dans ses bras.
- Mais... Cheffe... Pourquoi l'emmener ? Appelez une ambulance. »
Barett donna une tape sur la tête de l'impudente.
« Pauvre idiote ! Et les amener à notre repaire ? On fera comme tu dis, Mosin. Ne t'inquiètes pas. Si Nagant arrive, on lui expliquera. »

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Une fois arrivés à l'hôpital, Mâron demanda immédiatement un médecin, qui vint très rapidement. Elle posa Soy sur la civière qu'on lui amenait. Elle allait partir, mais le rouquin la retint.
« Tu ne restes pas avec moi ?
- Mon père ne t'a apparemment rien dit... Mais cette histoire aurait quand même dû te faire comprendre que nous fréquenter mon frère et moi, était une mauvaise idée. J'ai donné le numéro de tes parents à une infirmière à l'accueil. Ils ne devraient pas tarder. »
Elle poursuivit son chemin, mais Soy lui cria.
« Tu viendras me voir ?
- Non, » répondit-elle, sans se retourner.

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Quand elle retourna au hangar, Nagant était déjà là, au courant de tout. Ils étaient donc tous les deux assez furieux contre les Red Sharks. Quand en plus, son frère lui raconta ce que ceux-ci avaient fait à l'agente Païpu, le sang de Mâron ne fit qu'un tour.
« Comment on s'y prend pour leur faire comprendre leur douleur ? »

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Ils étaient devant l'immeuble désaffecté qui servait de base aux Red Sharks. Les Rifles n'avaient pas encore été repérés. C'était un immeuble assez ancien de six étages, fait de briques rouges. Comme l'avait prédit Barett, ils avaient rétabli le courant et la circulation de l'eau de ce bâtiment en principe abandonné. Ils allaient donc en profiter pour en tirer un avantage. Gewehr, un homme assez petit aux cheveux verts hirsutes, devait déclencher les sprinkleurs, après avoir déversé dans la réserve d'eau un produit qui rendrait l'utilisation d'armes à feu impossible. Il s'agissait d'un baril contenant un simple solvant industriel, mais qui avait la propriété au contact de l'eau de devenir granuleux au bout de quinze à vingt minutes. Cela enrayerait donc les pistolets et autres fusils. Le système d'eau était plutôt vieux et Gewehr n'eut aucun mal à le faire. En temps normal, ils n'auraient même pas pu approcher du bâtiment. Tout ceci n'aurait pas été possible, si le gang des Red Sharks n'avait pas été affaibli par les diverses attaques de celui des Rifles.

À l'intérieur, les Red Sharks étaient trempés jusqu'aux os et se demandaient ce qu'il se passait. Tout le monde s'agitait pour trouver l'origine du déclenchement des sprinkleurs. Après quelques minutes, l'eau ne s'était toujours pas arrêtée de tomber, et tout était complètement inondé et les Red Sharks ressemblaient à des serpillères. Au bout de vingt minutes, ils commencèrent à sentir quelque chose qui les grattait. Au rez de chaussée, ceux qui s'y trouvaient virent tout à coup la porte s'ouvrir. Une jeune fille blonde, coupe au carré, un blouson en cuir noir, une chemise blanche plutôt classe entrouverte jusqu'à la poitrine par-dessus un léger pull à col roulé noir et sortie de son jeans troué, des bottes noires passant sous son pantalon. Un homme aux cheveux noirs, avec une coiffure similaire, une veste en cuir brun, un pull noir troué, un jeans dans le même état et des bottes militaires vertes-brunes. Ils les reconnurent immédiatement.
« Qu'est-ce que... ?! C'est vous qui... ?! Ce sont les chefs des Rifles ! Tirez ! » cria une jeune femme trempée. Tout le monde appuya sur les détentes après avoir pris une arme, mais rien ne se passa. Nagant sourit.
« Des pétards mouillés ne servent à rien. Du moins, s'ils sont mouillé au depotrem ! »

Les deux jumeaux s'éloignèrent soudainement de quelques pas et Mosin lança quelque chose au sol à l'intérieur du bâtiment. Instantanément, tous ceux qui se trouvaient au rez de chaussée furent électrocutés. Dû au choc électrique, les sprinkleurs cessèrent de fonctionner et tous les systèmes électriques du bâtiment disjonctèrent. Une fois qu'ils furent sûrs que le petit appareil ne faisait plus effet, les deux chefs firent signe à leur gang. Ceux-ci déboulèrent près du bâtiment. Voyant cela, les Red Sharks se trouvant dans les étages tentèrent de tirer sur l'envahisseur par les fenêtres, mais la plupart de leurs armes mouillées ne fonctionnaient plus et ils n'atteignirent aucun Rifle. Les Rifles montèrent aux différents étages, leurs chefs en première ligne. Encore une fois, leurs sbires furent impressionnés par eux. Cela se voyait qu'ils étaient particulièrement sur les nerfs, ils mettaient facilement à terre un grand nombre de leurs adversaires.

Ils arrivèrent finalement au dernier étage, devant ce qui semblait être la chambre du chef. Ils défoncèrent la porte et tout de suite un groupe de Red Sharks vint les attaquer. Un homme lança une chaîne sur Mosin, elle la rattrapa, puis, tirant de toutes ses forces, fit basculer son propriétaire sur son genou. Elle lança ensuite sa chaîne au cou d'une femme qui s'apprêtait à l'assaillir, la tira encore vers elle, et se servit de son corps pour se protéger d'un coup de barre de fer d'un homme. La blonde donna alors un coup de pied sous le menton de ce dernier. Pendant ce temps, Nagant pris le bras d'un de ses assaillants, utilisant son mouvement, il le propulsa sur une femme qui l'attaquait et profitant que leurs deux têtes étaient encore suffisamment proches, il visa cet endroit avec toute la force de sa jambe. Reposant sa jambe à terre, il tapa au sol avec, afin de se propulser contre un troisième assaillant et l'éjecter d'un coup d'épaule. Une femme vint l'attaquer, mais Mosin sauta par-dessus le dos de son frère et donna un puissant coup de pied sur le visage de l'attaquante, tandis que Nagant se relevant donna un coup de manchet sous le menton d'un autre. Ils défirent ainsi une douzaine d'attaquants, sans que leur gang n'ait besoin d'intervenir. Il ne restait plus qu'une fille.

« Où est White ? demanda Hazel d'une voix dure.
- Je... Je ne sais pas... Je... Je suis juste sa petite-amie, je ne sais rien.
- Dans ce cas, tu vas morfler pour lui !
- Aaaah ! Non ! Attendez ! Il est allé à un rendez-vous avec un revendeur, pour lui acheter des armes ! Il est dans l'entrepôt S108 !
- Combien d'hommes a-t-il emmenés avec lui ?
- Euh... Je ne sais pas... Une dizaine !
- Parfait ! Nous y allons et emmenons une vingtaine d'hommes. Qu'ils prennent le fric qu'il y dans cet immeuble. Barett, nous te laissons les autres, tu t'occupes de prendre tout ce qu'il y a d'intéressant, détruis le reste. Ensuite tu évacues tous ces minables et tu fais démolir le bâtiment, qu'il n'en reste rien !
- Bien !
- Qu... Quoi ?!? Vous n'allez pas faire ça ?!?
- Et si ! »
Nagant tourna les talons pour partir, suivit de Mosin restée silencieuse.
« Et la prochaine fois que tu veux te faire passer pour une gourdasse de petite-amie n'étant au courant de rien, cache mieux ton tatouage de Red Shark. »
La jeune femme regarda son poignet et vit que l'on pouvait apercevoir, sortant de sa manche, le petit requin rouge. Elle tira sur sa manche, pestant.

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Dans un entrepôt de stockage de matériel divers de la ville, plusieurs hommes et femmes armés entouraient un homme et une femme qui étaient en pleine négociation. Ils étaient tous deux d'apparence, très différente. La femme était habillée d'un costard noir très classique et était impeccablement coiffée, ses longs cheveux bruns tirés en arrière. Alors que l'homme avait une iroquoise violette, était habillé tout en jeans déchiré avec plusieurs accessoires métalliques et avait un tatouage de requin rouge à son poignet. Les personnes situées derrière la femme étaient habillées de façon similaire, et leurs voitures étaient des voitures rétros de luxe. Tandis que les gens et les skycars sportifs derrière l'homme à l'iroquoise étaient accordés avec lui.

« Nous avions dit 300'000 zénis, Kuzaya !
- Désolé, White, mais maintenant c'est 600'000, pas un zéni de moins ! »
White fronça les sourcils. Au moment où il allait ouvrir la bouche pour parler, une détonation se fit entendre, tout le monde brandit ses armes, mais des personnes armées sortirent de derrière les containers de stockage. Ils constatèrent qu'ils étaient encerclés. Une femme et un homme plutôt jeune à la coiffure identique malgré la blondeur de l'une et la noirceur de l'autre s'avancèrent vers les deux personnes au centre. Personne n'osa rien faire. White les reconnut immédiatement.
« Les deux chefs des Rifles ! J'en assez de vous voir en travers de mon chemin ! »

Mais les jumeaux l'ignorèrent. Nagant se tourna vers Kuzaya.
« Ne vous inquiétez pas, cette histoire n'a rien à voir avec vous.
- Pourtant, c'est ma transaction que vous dérangez !
- Combien vous proposait ce minable pour votre stock ?
- 800'000.
- Je vous propose 2'000'000.
- Quoi ?!? » s'exclama White.
« Et vous les avez ? » reprit la trafiquante.
Mosin fit un signe de tête à un de ses hommes. Celui-ci jeta un gros paquet d'argent à terre. Nagant dit alors :
« Le compte doit y être. Nous n'avons pas vérifié. Vous nous excuserez, mais comme nous venons de le voler dans le bâtiment servant de base à ce minable...
- Quoi ?!? »
Mosin se tourna vers celui qui venait de s'exclamer.
« Oh ! C'est vrai, nous ne te l'avons pas dit... Nous venons d'envahir ta base, y avons pris tout ce qui nous intéressait et détruit le reste, y compris le bâtiment lui-même.
- Vous... Vous bluffez !
- Tu n'auras qu'à vérifier par toi-même. Si tu es encore en état, » dit-elle avec un sourire sadique aux lèvres.

Nagant reprit. « À vous de choisir. Soit vous prenez les 800'000 de ce minable qui n'a plus rien et risquez de vous trouver mêlée à nos histoires. Soit vous prenez ce tas où il doit bien y avoir plus de 2'000'000. »
Après un instant de réflexion, Kuzaya fit signe à ses sbires, qui vinrent ramasser l'argent et déposèrent des caissons d'armes près de l'endroit où était le tas. Une fois que les trafiquants furent partis, les jumeaux se tournèrent vers les sous-fifres de White.
« Vous tous ! Déguerpissez, si vous voulez rester entiers ! Nous avons des choses à dire à votre chef. »
Après quelques secondes d'hésitations et malgré les protestations de White, les Red Sharks posèrent leurs armes et détalèrent.
« Pourquoi faites-vous ça ? Que me voulez-vous ?
- Dis-moi, une policière du nom de Païpu, ça ne te dit rien ? » répondit Nagant, d'un air impassible mais dur.
« Qui ça ?
- Une femme aux cheveux noirs, des yeux en amande de la même couleur et avec aspect fluet.
- Connais pas.
- Pourtant tu l'as tuée. »
White fit des yeux ronds, puis éclata de rire.
« Vous ne croyez quand même pas que je me souviens de tous les flics que j'ai butés ?! »
Nagant sortit un pistolet et visa le genou droit, gardant une expression impassible. White s'écroula et hurla. C'était le meilleur endroit à viser dans ces circonstances, dans l'opinion de Nagant.
« Mais t'es malade ! Enflure !
- Que quelqu'un comme toi ose donner la mort et en parler avec autant de légèreté... ! Tu ne connais rien à la mort ! Comment peux-tu te permettre de prendre une vie comme ça ?!
- Foutez-moi la paix avec votre morale ! Je suis chef de gang ! Je vois pas pourquoi je jouerais le bon samaritain ! Je ne suis pas comme vous ! Et d'abord, vous la connaissez mieux la mort, peut-être ?!
- Assez pour ne même pas la donner à quelqu'un comme toi ! Mais en revanche, nous allons te rendre la vie insupportable à jamais ! Tu verras si nous sommes de bons samaritains. »
Mosin ouvrit la bouche : « Au fait, il ne faut jamais nous menacer avec un otage... Cela nous irrite au plus haut point...
- De... De quoi tu parles ?
- Ne fais pas l'innocent ! Mais de toutes manières, c'est trop tard. Même si tu retiens la leçon, tu ne pourras jamais t'en servir, vu l'état dans lequel tu te trouveras. »
White comprit qu'elle ne plaisantait pas.

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Devant son écran, le vieillard riait maléfiquement. Il avait eu de la chance que son robot-espion arrive près du bâtiment au moment où ces deux gamins l'avait assailli avec leur gang. Il avait vu de quoi ils avaient été capables. Des experts en art martiaux d'un niveau très élevé, pas aussi élevé que celui de Gokû et ses amis, même au début de son espionnage, mais d'un excellent niveau quand même. Ils étaient jeunes, robustes, sains, forts et avaient du caractère.
« Je crois que je viens de trouver les sujets parfaits ! N°9 ! N°10 ! J'ai une mission à vous confier ! »
Deux silhouettes se dirigèrent vers le vieil homme.
Dernière édition par San999 le Jeu Fév 09, 2012 12:54, édité 1 fois.
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Messagepar PaPoY » Ven Sep 28, 2007 17:08

De mieux en mieux vite la suite :D
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Messagepar San999 » Sam Sep 29, 2007 13:03

Merci! :D Voilà la suite:







Chapitre 10: Des Assaillants invincibles




Hazel ajustait son foulard orange sur son cou. Il était habillé d'un t-shirt noir d'où dépassaient les manches d'un pull blanc qu'il portait en dessous, et d'un jean déchiré attaché avec une ceinture de cuir brun muni d'une boucle cuivre, sous lequel passait le t-shirt, des baskets bleu clair montantes aux lacets et aux bouts blancs, d'où on voyait des chaussettes vertes sortir et recouvrir le bas du pantalon.

« Tu es prêt ?
- Oui, je vais juste mettre ma ceinture d'arme. »
Il alla la chercher et y plaça une arme et des munitions. Mâron l'attendait. Elle portait un pull noir avec de larges rayures bleu clair aux manches, une veste en jeans ouverte et sans manches, une minijupe dans la même matière tenue par une ceinture semblable à celle de Hazel, un pantalon noir moulant par-dessous la jupe et des bottes de cuir brun.
« Nous pouvons y aller, » déclara Hazel.

Les deux jumeaux avaient décidé de quitter la ville. La vie de gang ne les intéressait plus. Ils préféraient être complètement indépendants. Ils avaient réfléchi après avoir donner leur leçon à White. Cette vie ne leur convenait pas. Aucune vie ne leur convenait, en réalité. Ils n'étaient même pas sûrs de rester ensembles. Pour l'instant, ils allaient se contenter de quitter la ville, pour la suite, ils aviseraient.

Ils étaient sur le point de sortir de leur pièce personnelle, pour annoncer leur départ aux Rifles et reconfier leur direction à Barett, lorsqu'ils entendirent des hurlements à l'extérieur, puis des rafales de tirs. Ils se précipitèrent dehors et constatèrent qu'il y avait une grande agitation dans le hangar. Et des gens tiraient vers l'extérieur. Ils demandèrent à une de leur future ex-sbire, ce qu'il se passait.

« Je ne sais pas ! Je ne comprends rien ! Il y a deux mecs dehors ! Ils sont arrivés de nulle part et ont commencé à tuer tout le monde sur leur passage ! On essaie de les arrêter, mais on dirait qu'ils ne sont pas touchés par les balles ! Et ils continuent de nous massacrer ! »

Elle parlait d'une façon complètement paniquée. Ils sortirent pour voir d'eux-mêmes. Il y avait effectivement deux hommes, tous deux de taille moyenne, blancs, les cheveux ras et noirs. Ils étaient habillés de la même façon, un maillot de corps blanc sous un veston vert militaire avec des poches sur les côtes de la fermeture et une sur le haut chaque manche, ressemblant à celui que porterait un soldat, tout comme le pantalon qui était de la même couleur et du même style, des bottes noires et une ceinture de la même couleur. La seule chose qui permettait de les différencier était la forme du visage, celui à gauche avait le visage allongé, alors que l'autre avait un visage plus rond.

Ils faisaient un vrai massacre des Rifles. Ceux-ci avaient beau tirer sur eux, c'était comme si les balles ne leur faisaient aucun effet. Ils avançaient très rapidement et se déplaçaient d'un Rifle à l'autre, n'en faisant qu'une bouchée. À tel point qu'ils les transperçaient. C'était incroyable. On aurait dit qu'ils n'étaient pas humains.

Soudainement, les deux mystérieux guerriers regardèrent en direction des jumeaux et stoppèrent net leurs mouvements, fixant Mâron et Hazel. Surpris, les Rifles cessèrent les tirs. Les deux sourirent soudainement. Les chefs de gang ne comprirent pas le sens de ce sourire et en étaient très perplexes. Les deux hommes se remirent en mouvement, mais cette fois, très lentement et en direction du frère et de la sœur. Personne ne tirait plus. Tous étaient comme hypnotisés. Comment ces deux hommes avaient-ils pu tuer tout ce monde aussi facilement et en évitant toutes les balles ? Finalement, alors qu'ils n'étaient plus qu'à une quinzaine de mètres de leurs cibles, Nagant leur cria, il n'avait étrangement plus son ton arrogant habituel, mais gardait une voix calme :
« Qui êtes-vous ? Que nous voulez-vous ?
- Nous sommes venus pour vous, » répondit celui au visage plus arrondi, en pointant les jumeaux du doigt.
Mosin et Nagant écarquillèrent les yeux de stupeur. Que leur voulaient-ils donc ?
« Hein ? ! Et pourquoi nous ?
- Ça, vous le découvrirez de vous-mêmes. Vous allez nous accompagner. C'est tout.
- Et puis quoi, encore ? ! Il faudra d'abord nous passer sur le corps ! » s'écria encore Nagant.
« Ce ne serait pas très difficile. Mais, nous devons vous ramener vivants à notre maître. »
C'en était trop. Ces hommes commençaient sérieusement à les énerver. Mosin et Nagant se jetèrent un regard et acquiescèrent. Cela n'allait pas être un combat facile, ils allaient devoir y aller à fond, tous les deux, dès le début. En fait, ils ne pensaient pas pouvoir gagner, les mouvements des deux hommes leur paraissaient bien trop surhumains. Mais ils ne se laisseraient pas avoir si facilement.
« Dans ce cas, vous allez quand même devoir nous vaincre d'abord ! » leur lança Mosin.
Les deux hommes sourirent machiavéliquement. Celui au visage allongé prit la parole pour la première fois.
« Laisse-moi faire, N°10, inutile que l'on se batte tous les deux.
- Tu as raison, N°9. »

N°10 ? N°9 ? Pourquoi s'appelaient-ils par des numéros ? Des noms de code ? Quoiqu'il en fut, N°10 s'écarta, ce qui était une bonne nouvelle pour les deux chefs de gangs. Ils auraient peut-être une chance de les vaincre à deux contre un. N°9 s'approcha, mais s'immobilisa sans se mettre en aucune position particulière. Apparemment, c'était sa façon de se préparer à l'affrontement. Les jumeaux s'avancèrent aussi, mais prirent une position de combat, à l'inverse de leur adversaire. De plus près, ils purent constater que les deux hommes avaient des yeux oranges, de petits anneaux à chaque oreille et que sur leurs vestes était cousu un bout de tissu rouge en forme de nœud papillon avec un "R" blanc à chaque bout. Les trois combattants se jaugèrent un instant. Les Rifles avaient observé la scène sans avoir jamais osé bouger ou prononcer une seule parole.

Soudainement, la jeune femme blonde se précipita sur ce qu'elle ignorait être un androïde. Elle mit en avant son poing droit, prête à frapper, mais au dernier moment replia son bras, son coude se retrouvant en avant et son poing gauche vint frapper le ventre de la créature. Puis, d'un pivotement, son coude droit s'écrasa sur le visage de N°9. Mais celui-ci ne bougea pas d'un cil. Mosin se recula un peu, mais la machine lui prit le bras gauche d'un geste vif. Cette dernière vit soudainement Nagant, en l'air. Celui-ci lui enfonça deux pieds sur la figure. Mosin, quant à elle, fit un tour sur elle-même, et lui mit un coup de pied retourné de sa jambe droite sur la mâchoire et se dégagea le bras d'un mouvement brusque. Puis, Nagant atterrit dans une pirouette, tandis que Mosin ramena sa jambe en arrière, et les jumeaux prirent leur appui sur la jambe qui venait de frapper le sol, et lancèrent chacun leurs deux poings joints. L'homme reçut leurs quatre poings sur le sternum, en même temps. Tout ceci se passa en trois secondes.

L'homme avait enfin reculé de quelques centimètres, mais ne semblait pas vraiment touché par l'attaque du frère et de la sœur. Ceux-ci soufflèrent entre leurs dents. Ils pensaient que leur technique aurait au moins eu un petit effet.

Cette fois-ci, ce fut Nagant qui se précipita sur l'adversaire, dans une position qui ne permettait pas à la machine de deviner de quel membre il allait frapper. Tandis que Mosin faisait un coup de pied sauté par-dessus son frère. Mais N°9 disparut soudainement et leurs attaques vinrent toucher le vide. Instantanément, avant même que Mosin n'ait atterrit et que Nagant se soit remis en position, une main vint se poser sur le col des deux jumeaux et dans un mouvement de rotation, l'androïde les jeta à terre. Le heurt fut violent, mais ils n'en furent pas trop blessés et se relevèrent immédiatement, dans une roulade, s'éloignant de leur adversaire.

Ils n'avaient pas vu le déplacement de l'homme. Il les avait balancés comme des vulgaires sacs poubelles en ne les tenant qu'avec un bras pour chacun. Il sourit et se retrouva à toute vitesse devant eux avant qu'ils n'aient pu esquisser le moindre geste. Ses paumes se retrouvèrent comme par enchantement posées sur leurs poitrines et ils furent propulsés à quelques mètres. Ils se relevèrent difficilement, cette fois-ci. Le choc avait été violent. Mâron regarda son frère, se tenant l'épaule.
« Tu saignes à la tête... Tu as l'air fin comme ça... » dit-elle avec un sourire narquois, un peu forcé.
« Tu t'es vue ? Toi, tu as une lèvre fendue et tu t'es démise l'épaule, » répondit-il avec la même expression.
« Oui… D'ailleurs, si tu pouvais m'aider... »

Hazel, qui effectivement saignait abondamment du front, lui prit l'avant bras relié à l'épaule en question et les deux poussèrent de façon à remettre l'articulation en place. La fille de Nato poussa un petit gémissement. Cela allait mal. Ils n'avaient aucune chance de gagner. Le frère n'avait jamais pensé qu'il rencontrerait quelqu'un de plus fort que lui, surtout allié à sa sœur. Celle-ci, en revanche, n'était pas d'une nature aussi arrogante, et pensait bien qu'il fût possible de trouver plus fort qu'eux. Mais au point de les malmener aussi facilement, alors qu'ils étaient déjà plus forts qu'un ex-champion, et alors qu'ils étaient ensemble... Cela, elle ne l'aurait jamais imaginé.

« Ça suffit. Je ne dois pas plus vous abîmer. Il faut qu'on vous ramène en bon état. Laissez tomber et suivez-nous bien tranquillement. »
Hazel et Mâron tiquèrent.
« "Abîmer" ? "En bon état" ? Vous nous prenez pour des voitures de luxe ou quoi ? ! ?
- En quelque sorte, » répondit N°9 avec un sourire narquois.
« La ferme ! On n'appartient à personne et on ne vous suivra pas ! » crièrent les deux en même temps.

Ils se relancèrent à l'attaque. Mais encore une fois, l'androïde esquiva très facilement et les mit à terre d'un coup dans la nuque à chacun. Les Rifles étaient tétanisés. Voir leurs deux chefs qu'ils pensaient invincibles se faire étaler aussi facilement, était incompréhensible pour eux. N°9 se penchait pour prendre les jumeaux qui ne s'étaient pas encore relevés, quand quelque chose vint le heurter.
« Putain ! Mais il est en acier ou quoi ! ? » s'écria Barett en se massant l'épaule.

« Keuf ! Il n'a même pas bougé... Fortiche le gaillard... Vous croyez qu'à nous trois, on peut l'avoir ? » dit-elle en se rapprochant de ses deux chefs.
« Eh bien, je... » Hazel s'interrompit quand l'androïde prit soudainement le bras de Barett.
« Mêle-toi de ce qui te regarde, toi. »
D'un mouvement sec, il lui arracha le bras, comme s'il s'agissait d'une vulgaire branche sèche. Barett s'écroula à terre en hurlant et se tenant ce qui lui restait de son membre.
« Aaaaaaaaaaaaah ! ! ! ! Mon bras ! Mon bras ! »
Elle saignait abondamment.
« Bar... Barett ! Salaud ! » crièrent les jumeaux, en se précipitant sur leur ennemi. Celui-ci leur planta à chacun un poing dans l'estomac, et ils tombèrent à genoux, gémissant et pliés en deux, leurs mains tenant leurs ventres. Ils avaient si mal, qu'ils en vomirent.

Barett essaya de se relever, esquissant un mouvement de fuite, mais glissa, après quelques mètres, retombant lourdement. Elle se retourna, complètement envahie par la peur. Mais en voyant N°9 se diriger vers elle, elle eut tout de même la force de crier aux Rifles : « Tirez ! Tirez ! »
Les jumeaux l'entendirent. Elle savait pourtant qu'ils seraient touchés si les Rifles tiraient. Mais cela n'avait plus l'air de l'intéresser, ni les autres Rifles qui obéirent à l'ordre. Il y eut même quelques tirs de roquettes. Finalement, la seule personne qui se préoccupa de leur sécurité fut N°10, qui les sortit de là à toute vitesse, avant que la salve ne les touche. Il les posa brutalement à terre, à l'abri des tirs. Ceux-ci durèrent un certain temps. Mais quand la poussière soulevée par l'attaque retomba. Ils constatèrent que N°9 était toujours debout, et indemne, si ce n'étaient ses vêtements déchirés. Les jumeaux en auraient été estomaqués, si cela n'avait pas déjà été physiquement fait. Tout comme les Rifles qui ne faisaient plus un mouvement, observant avec des yeux sortis de leurs orbites le monstre qui avait résisté à un tel assaut.

Il mit un pied en avant et avança doucement vers eux. Barett trouva alors la force de l'implorer.
« A... Attendez ! C'est eux que vous voulez ! Pas nous ! Ne... Ne... Ne nous tuez pas ! Vous pouvez les prendre, c'est pas grave ! Mais nous, vous vous en fichez ! Alors laissez-nous tranquilles ! »
Tous les Rifles approuvèrent d'une voix. Ils venaient de trahir leurs chefs. Ils se mirent à genoux, suppliant. Mais N°9 continua sa marche et planta son pied dans le ventre de Barett et le lui écrasa complètement, la tuant sur le coup. Les Rifles tentèrent de détaler, mais avant qu'ils ne puissent s'égayer en tout sens, N°9 leva le bras, la paume mise verticalement, les doigts en éventail, il y eut une lumière bleutée et une sorte de boule d'énergie fit exploser tout le hangar et les délinquants avec. Les Rifles venaient d'être massacrés.

L'androïde retourna auprès de son compère.
« Allons-y, N°10. Ramenons-les au maître. »
Mais Hazel ne l'entendait pas de cette oreille. Il se leva.
« Jamais ! ! »
Il voulut les attaquer, mais N°10 le renvoya au sol d'un revers de main. Il fut assommé.
« Hazel ! ! » Mâron se rendit compte qu'elle ne l'avait plus appelé ainsi depuis bien longtemps. Ce n'était plus son prénom. Mais elle l'avait tout de même appelé ainsi, par réflexe. Ce n'était pourtant pas le moment de penser à ce genre de choses.

Les deux androïdes allaient les emmener de force, quand la fille de Dona réalisa qu'ils étaient sur une grande flaque d'eau. Elle se recula soudainement, lançant comme elle pouvait son frère inconscient le plus loin possible, sans le ménager.
« Ça suffit. Tu aurais dû comprendre qu'il est inutile de fuir. »
Mais la jeune femme se retourna et sourit narquoisement à la remarque de N°10.
« Qui parle de fuir ? »
Les deux androïdes prirent un air interloqué. Mâron sortit rapidement une capsule et la jeta en l'air, l'ouvrant. Toujours intrigués, les deux androïdes suivirent du regard la capsule et virent une multitude de grenades en sortir. Elles tombèrent dans la flaque, et instantanément, les deux machines reçurent un puissant choc électrique, qui s'intensifiait à mesure que les grenades tombaient. N°9 et N°10 étaient traversés de spasmes. C'étaient les même grenades qu'elle avait utilisées la veille pour attaquer la base des Red Sharks. Elle en avait préalablement retiré les sécurités au cas où le plan ne se serait pas passer comme prévu lors de l'attaque du bâtiment et qu'elle aurait eu besoin de plus de grenades.

Par réflexe, elle se mit sur le corps de son frère inanimé, pour le protéger. Les éclairs cessèrent et Mâron se leva et regarda ses deux ennemis. Ils étaient à terre. Mais à y regarder de plus près, ils avaient un drôle d'aspect, ils ne ressemblaient pas à des hommes venant d'être électrocutés, bien qu'elle n'aurait su mettre le doigt sur ce qui la dérangeait. Elle ne se pencha pas plus sur la question. En principe une telle décharge aurait dû tuer n'importe quel humain. Mais elle préférait être prudente. Elle sortit un sky-car d'une capsule et traîna son frère à l'intérieur. Puis, elle se mit au volant et s'enfuit le plus vite possible.

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Au laboratoire du Dr Gero, le propriétaire des lieux, qui avait suivi la scène grâce à son robot-espion, pestait.
« Et merde ! Toutes cette électricité a déchargé leurs batteries ! C'est un défaut que j'ai enrayé à partir de N°12, mais je n'aurais pas pensé que ces satanés gamins auraient utilisé leur point faible !... Bon ! Ce n'est pas grave. Mon robot-espion continue de les suivre. Le seul problème est que je n'avais pas prévu ça et que N°11 et N°12 vont mettre du temps à se recharger. J'espère que personne ne trouvera N°9 et N°10, d'ici à ce que j'envoie N°11 les chercher. Quant aux gamins, je ne pense pas qu'ils pourront échapper à N°12. »
Le vieillard se précipita vers les capsules où étaient notés les numéros 11 et 12. Il manipula quelques câbles et quelques touches.
« N°12 va prendre un peu plus de temps à se recharger... Mais le plus urgent et de récupérer N°9 et N°10 avant que quelqu'un ne les trouve. »

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Il régnait une certaine agitation. De nombreux véhicules de polices étaient stationnés au hasard. Des agents se pressaient de partout pour tâcher de découvrir ce qui avait bien pu se passer. Les démineurs venaient de partir après s'être assurés que le terrain ne fut pas dangereux. La police scientifique avait alors prit le relais. L'agente Manacle observait les cadavres dans ce terrain abandonné. Ils étaient souvent affreusement mutilés. Il y avait, semblait-il, eu une explosion, un hangar fut détruit, et des corps complètement carbonisés gisaient dans les gravats. C'était un véritable charnier. D'après les pré-conclusions des expertises, cela faisait un peu moins d'une journée qu'ils étaient morts. Ils n'avaient en revanche pas encore pu déterminer ce qui avait pu infliger de tels coups aux macchabées de ceux qui n'étaient pas brûlés, ni la nature de l'explosion.

Ils avaient identifié les morts comme les membres des Rifles. Après avoir découvert White, le chef des Red Sharks, plus mort que vif et le Q.G. de ce gang complètement détruit, cela commençait à faire beaucoup de mystères pour ce milieu. Ils avaient de forts soupçons sur les Rifles pour ce qui était arrivé aux Red Sharks, et auraient soupçonné ces derniers dans cette affaire, s'ils n'avaient pas perdu presque tout pouvoir d'action. La police nageait en pleine confusion.

Manacle savait ce qui était arrivé aux Red Sharks. Hazel avait tenu promesse. Elle avait dit à ses supérieurs que le jeune homme avait réussi à cacher une capsule hoipoi dans sa bouche - une fouille buccale était généralement de mise pour parer à ce genre d'éventualité, mais même si c'était très rare, il pouvait réellement arriver que certaines personnes avalent partiellement une capsule, avant de la régurgiter - et il avait ainsi sorti une arme avec laquelle il l'avait menacée et forcée à s'arrêter, puis l'avait assommée. En découvrant l'état de White, elle s'était dit qu'il aurait presque mieux valu que les jumeaux le tuent. En tout cas, l'homme n'aurait plus jamais une vie normale après ce traitement. Elle s'était presque sentie coupable à l'idée que c'était elle qui avait permis ça. Mais elle s'était alors rappelée comment le cadavre nu et mutilé de l'agente Païpu avait été découvert dans un caniveau, et elle n'avait alors ressenti plus aucune culpabilité.

Elle observa le corps d'une grande femme musclée, aux cheveux blonds foncés attachés en natte et habillée de cuir noir. Un bras lui avait été arraché et elle avait le ventre ouvert d'où lui sortaient les tripes. Manacle eut un haut le cœur et détourna le regard. Elle avait déjà vu des cadavres dans cet état, mais pas autant à la fois. Et puis, elle pensa à Hazel. Et Mâron ? Son frère avait parlé de deux chefs. Était-ce elle, la deuxième ? Est-ce qu'ils se trouvaient aussi parmi ces cadavres ? Elle frissonna. Il fallait qu'elle aille parler à Nato Nuss. Mais elle ne voulait pas révéler qu'elle connaissait le chef du gang, et elle ne pouvait donc pas justifier de s'absenter ainsi. Il allait donc falloir attendre la fin de son service.

----------------------------------------------------------------------------

L'androïde pénétra dans le laboratoire troglodyte avec N°9 et N°10 chacun sous un bras.
« Tu ne t'es pas fait repérer, au moins, N°11 ?
- Non, maître. Je les ai récupérés avant que la police n'arrive. Voulez-vous que j'aille récupérer les cibles ?
- Non. Je préfère attendre que N°12 soit réveillé. Pose plutôt N°9 et N°10 dans leurs capsules. Je procéderai à la vérification de leurs systèmes plus tard. Je ne pense pas qu'ils soient endommagés. Le choc électrique a juste dû leur vider leurs batteries. Mais je préfère en être sûr. »

----------------------------------------------------------------------------

Manacle claqua la portière de sa voiture personnelle. Une voiture rétro de couleur beige. Elle appuya sur un bouton et le véhicule se transforma en une petite capsule, qu'elle mit dans son étui à capsules. Elle regarda le bâtiment. C'était bien l'endroit où habitait les Nuss. Elle n'était venue qu'une fois, lors de la mort de Dona Nuss. Elle et Païpu avaient voulu aller annoncer elles-mêmes que l'enquête sur l'accident avait été abandonnée. Ce fut une chose difficile à faire. Ce genre de chose était toujours difficile.

Il était environ dix-huit heures. Elle avait pu quitter le travail assez tôt. Il faut dire qu'elle avait prit son service très tôt. Elle s'était tellement précipitée qu'elle n'avait pas pris le temps de se changer et avait conservé son uniforme. Mais à présent qu'elle se trouvait devant le bâtiment, elle hésitait. Elle ne savait pas trop ce qu'elle allait dire à Nato Nuss... Elle n'avait pas la moindre idée de ce qui avait pu arriver à ses deux enfants. Elle espérait qu'ils ne fissent pas partie des corps inidentifiables. Mais elle devait lui demander s'il savait où ils se trouvaient. Et peut-être ce qui avait pu se passer.

Elle finit par pénétrer dans l'immeuble et prit l'ascenseur. Devant la porte des Nuss, elle marqua encore une pause. Puis elle se décida à sonner. Personne ne répondit. Elle sonna encore une fois, mais toujours personne n'ouvrit. Elle allait s'en aller lorsqu'elle entendit du bruit derrière la porte. Elle resta un instant sans bouger, à l'écoute d'un autre bruit, qui vint. Elle hésita encore, puis frappa à la porte vigoureusement.
« M. Nuss ? M. Nuss ? Ouvrez ! C'est l'agent Manacle ! Vous vous souvenez de moi ? Nous nous sommes rencontré lors... Il... Il y a huit ans. »
Personne n'ouvrit. Elle recommença à frapper.
« C'est... C'est à propos de vos enfants ! »
Après quelques instants, la porte s'ouvrit finalement. La femme eut du mal à reconnaître le Nato Nuss qu'elle avait rencontré, huit ans auparavant. Même dans sa douleur, elle lui avait trouvé une certaine dignité. Il avait un air triste, mais résolu et déterminé, comme quelqu'un qui voulait marquer un tournant dans sa vie. Il était également soigné sur lui-même. Mais l'homme qu'elle avait en face d'elle, était mal rasé, décoiffé, portant de vieux vêtements fripés. Il avait surtout le regard creusé, presque hagard. Il se tenait comme s'il était sur le point de s'effondrer. On aurait dit un vieillard.

De son côté, Nato, qui n'avait pas reconnu Manacle au son de sa voix, ni à l'évocation de son nom, se souvint d'elle en la voyant. Il se rappela le soutien qu'elle et sa collègue avaient été. Leur fréquentation avait été très brève, mais marquante. Pourquoi cette soudaine visite après toutes ces années ? Elle voulait lui parler de ces enfants... Il frémit. Il espérait que ce n'était pas pour lui annoncer qu'ils avaient rejoint cet endroit. Curieux. Cela faisait quelques jours qu'il ne ressentait rien, à part un grand vide et un sentiment déchec et d'inutilité. Et là, même s'il s'agissait d'inquiétude, il était soulagé de constater qu'il pouvait encore ressentir quelque chose. Surtout envers ses enfants.
« Mes enfants ?
- Euh... Puis-je entrer pour vous parler ?
- Hum... Oui, biensûr. »
Il avait dit cela avec une voix rauque et plutôt atone. Ce qui renforça le malaise de Manacle. Mais Nato ne s'en rendit pas compte. Il l'envoya s'installer dans le salon pendant qu'il lui préparait du café. Ce qui arrangea la policière, qui venait de se rendre compte qu'elle n'avait pas prévu ce qu'elle allait lui dire, le temps qu'il fît le café lui permettrait donc de remettre ses idées en place.

« L'agent Païpu n'est pas avec vous ? »
Nato s'était soudainement rappelé le nom de sa coéquipière. Il gardait sa voix sans expression.
« Elle est décédée. Il y a deux mois. »
Nato stoppa son mouvement un court instant sur le pas de la porte du salon. Puis il reprit sa marche et déposa le café sur la petite table du salon.
« Toutes mes condoléances. »
Pour la première fois, Manacle crut percevoir une émotion sur son visage et dans sa voix. Il s'assit.
« Donc, que vouliez-vous me dire à propos de mes enfants ?
- Et bien... Hum... Vous saviez que Hazel était un des chefs des Rifles ?
- Il a été arrêté ?
- Non ! Non ! Mais, donc, vous étiez au courant ?
- Oui...
- Et... Et Mâron, c'est la deuxième cheffe... ?
- Vous essayez d'obtenir à travers moi des renseignements pour arrêter mes enfants... ? » Il gardait sa voix caverneuse.
« Non. Je vous assure que ce n'est pas ça. D'ailleurs, je ne suis pas en service, là.
- Pourtant, vous portez votre uniforme...
- C'est que... J'étais pressée de venir vous parler.
- Et pourquoi donc... ?
- Je... » Elle ne savait pas trop comment elle allait tourner sa phrase. « Ce matin, nous... ... De nombreux corps ont été trouvés à la base des Rifles, qui a été détruite. Ces corps sont ceux de... Rifles... »

Il y eut un instant de silence pesant.
« Et mes enfants étaient parmi eux... ? »
"Mes" enfants... Mâron était donc bien la seconde cheffe. Cette fois-ci, Manacle avait clairement ressenti de l'inquiétude dans sa voix.
« Nous ne le savons pas encore... La plupart des corps n'ont pas encore été identifiés... »
Cette fois-ci, la réponse fut précipitée.
« Vous ne le savez pas encore ? La plupart des corps n'ont pas encore... Mais qu'est-ce que cela veut dire ? Vous devriez reconnaître Mâron et Hazel, non ?
- C'est que... » Comment allait-elle dire une chose aussi affreuse ? « La plupart sont inidentifiables... »
Nato resta silencieux. Il ne savait quoi penser. Ses enfants étaient-ils... morts ? Faisaient-ils partie de ses corps "inidentifiables" ? Il posa son front sur ses mains, les bras accoudés sur ses genoux. Il ne ressentait plus le monde extérieur. Il avait l'impression de s'être complètement fait avaler par les sables mouvants dans lequel il était empêtré depuis huit ans. Cette impression était encore plus nette que lorsque les jumeaux lui avaient définitivement dit adieu, deux semaines auparavant. Il entendit une voix l'appeler.
« M. Nato ? Vous... Vous vous sentez bien ? »
Il sortit de sa torpeur.
« Pardon... Je... Vous croyez que mes enfants font partie de ces corps... ?
- Je... Je n'en sais rien... Mais... Vous ne connaissez pas un lieu qu'ils ont l'habitude de fréquenter ?
- Je... Non... Nous... Ils ont décidé de couper les ponts avec moi... Et avec tout ce qui faisait leur vie jusqu'il y a peu... Je... Je n'ai pas la moindre idée d'où ils peuvent être... ... S'ils sont encore en vie... »
Manacle respecta son silence un instant.
« Vous... Vous pourriez me laisser seul, s'il vous plaît... Je... Je ne me sens pas très bien...
- Oui, biensûr... »
Il allait se lever pour la guider jusqu'à la sortie.
« Non... Laissez... Je connais le chemin... »

Elle sortit du salon, puis Nato entendit la porte d'entrée claquer. Il resta un long moment dans le vague. Il ne pensait à rien en particulier. Il se laissait seulement submerger par un grand sentiment d'angoisse et d'impuissance. Une seule question lui revenait sans cesse à l'esprit : Étaient-ils vivants ou morts ? Il se ressaisit. Il devait les retrouver. Ils ne pourraient plus former une famille, mais il devait s'assurer qu'ils étaient toujours vivants. Il se demandait comment il allait s'y prendre... Il secoua la tête. Lorsqu'ils avaient soudainement disparu, il ne savait pas non plus où les chercher, mais cela ne l'avait pas arrêté.
Dernière édition par San999 le Jeu Fév 09, 2012 13:00, édité 1 fois.
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Messagepar PaPoY » Lun Oct 01, 2007 22:35

c mortel :p jespere que tu te débrouilles en dessin style Toriyama parce qu"il va falloir imager tout ça :roll: jattends la suite avec impatience :D en tout cas tu as respecté l''image de n°17 et n°18 je veux dire par là que sans etre androïdes il ne sont en aucuns cas faibles et jaime ça continue ainsi vite vite vite la suiiiiiiiiite :!: :!: :!:
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Messagepar San999 » Lun Oct 01, 2007 22:59

Merci! Je suis heureux d'avoir pu restituer de bons C-17 et C-18. Dès l'embryon de ma fic, j'avais déjà imaginé en faire des experts en arts martiaux. Pour tout dire, je pense que s'ils avaient rencontré Gokû lors du premier championnat auquel il a participipé (le 21e), même si c'est chronologiquement impossible, ils lui auraient donné plus de mal que Namu. Gokû aurait gagné, mais quand même pas facilement. Par contre, ils seraient déjà complètement largués au 22e (faut pas pousser).

Pour ce qui est d'imager, je pense faire des fanarts reprenant quelques scènes clés de ma fic et dessiner au moins tous les personnages principaux. Par contre, je ne les ferais pas tous en style Toriyama, seulement quelques uns. Quant à faire des planches... Je ne pense pas... Et puis, surtout, il faudra attendre! Cela se compte en mois... Surtout que j'ai même pas de scan...

La suite, samedi, comme d'hab. :D
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Messagepar PaPoY » Lun Oct 01, 2007 23:37

ok en tout cas merci à toi c frais 8) et je trouve que ces histoires de gang colle plutot bien a leurs perso, comme je te l"ai deja écrit jusqu'ici pour moi c sans fautes Total Respect :lol:
Vivement Samedi :wink:
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Messagepar LeMoonwalker » Mar Oct 02, 2007 15:47

Je vais pas te mentir, j'ai pas eu le courage de tout lire :lol:
Mais ça m'a l'air pas mal ;)

Enfin bon, je ferai juste une petite remarque : C-17 et C-18 ne s'appellent justement pas comme ça (enfin si, en VF :roll:). En VO, il est question de No.17 (ou encore #17), le C- est une invention de la VF. Maintenant si tu veux baser ta fic sur la VF, pas de problème ;)
Même chose pour les "cyborgs" : No 17 et 18 ne sont pas des cyborgs mais des androïdes.
Encore une fois, "cyborg" est une invention de la VF, il n'en est jamais question dans la VO, où ils sont des "androïdes". ;)

Bonne continuation ;)
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Messagepar Majin Bejita » Mar Oct 02, 2007 16:56

LeMoonwalker a écrit:Je vais pas te mentir, j'ai pas eu le courage de tout lire :lol:
Mais ça m'a l'air pas mal ;)

Enfin bon, je ferai juste une petite remarque : C-17 et C-18 ne s'appellent justement pas comme ça (enfin si, en VF :roll:). En VO, il est question de No.17 (ou encore #17), le C- est une invention de la VF. Maintenant si tu veux baser ta fic sur la VF, pas de problème ;)
Même chose pour les "cyborgs" : No 17 et 18 ne sont pas des cyborgs mais des androïdes.
Encore une fois, "cyborg" est une invention de la VF, il n'en est jamais question dans la VO, où ils sont des "androïdes". ;)

Bonne continuation ;)

Roooo là tu chicanes Moon :lol: , Cyborgs et Androïdes, c'est sensiblement la même chose, pis après C-17 et C-18 perso je trouve pas ça trop choquant encore :wink:

En tout cas, bravo San, j'aime beaucoup ton histoire, c'est trés prenant.
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